édito

Au printemps de quoi rêvais-tu……..

……..D’un printemps ininterrompu.

Jean Ferrat.

Après les froidures de l’hiver, avec ces jours qui étirent des obscurités qui n’en finissent pas, le retour du printemps vient réveiller de nouveaux rêves, de nouvelles ardeurs, avec l’espérance de nouvelles aventures, de nouvelles rencontres. Oui, parfois l’espoir utopique, mais tellement précieux, d’un printemps ininterrompu.

Si l’on abandonne les calendriers qui nous montrent le cycle immuable des saisons, et si nos regards se tournent vers toutes les richesses que nous offrent à longueur d’année les arts dans leur intarissable variété, il est possible de vivre dans nos esprits, dans nos coeurs et dans nos âmes, l’expérience d’un printemps jamais interrompu.

Avec le printemps, arrivent pour les chrétiens, les moments les plus riches de notre calendrier liturgique, faisant se succéder le Carême, la Semaine Sainte, le temps de Pâques.

Notre service diocésain Arts, Cultures et Foi, s’est largement investi, et s’investira encore dans ces jours où notre foi est particulièrement interrogée, et où elle peut être mise à l’épreuve au travers de différentes manifestations qui font justement se rencontrer arts, cultures et foi.

Vient juste de se terminer un vaste cycle de quatre conférences accueillies par le sanctuaire Saint-Bonaventure, sous l’appellation de Chemins artistiques vers l’Evangile au 20ème siècle. L’occasion de procéder à un large survol de la création artistique de ce siècle, à partir des oeuvres et de leurs auteurs, dans les domaines de la musique, du théâtre, de la littérature et du cinéma. Un siècle d’une impressionnante richesse, de György Ligeti à Robert Bresson, de Paul Claudel à Albert Camus.

La Semaine Sainte sera l’occasion de proposer une lecture par un comédien, du texte dramatique de Jean-Pierre Siméon, Et ils me cloueront sur le bois. Lecture donnée sur deux jours en différents points de Lyon (répertoriés sur ce site Internet), et ponctuée de moments musicaux joués à l’orgue.

Au printemps 2019, de quoi rêvons-nous ? Probablement d’un monde de paix, de fraternité, de justice, où chacun, avec ses sensibilités, ses interrogations, ses joies ou ses souffrances trouvera sa place, quelle que soit sa foi, quels que soient les dons dont il a hérités. D’un monde où l’écoute d’un morceau de musique, la rencontre avec un texte de théâtre, la lecture d’une oeuvre littéraire, la vision d’un film, sont autant d’occasions de se sentir unique et indispensable face à Dieu et face à son prochain, quelles que soient ses différences, quelle que soit sa personnalité. Unique, indispensable, et solidaire.

Pierre Quelin – Membre d’Arts, Cultures et Foi.

Avril 2019

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« Au contact des oeuvres, l’humanité attend d’être éclairée sur son chemin et son destin » (Jean-Paul II).

En 2018, c’est dans cette idée de l’art comme vecteur de communication, que l’équipe Arts, Cultures et Foi a proposé deux soirées à l’occasion du centenaire de l’armistice de la Première Guerre Mondiale, l’une cinématographique, l’autre littéraire avec lecture de textes par des comédiens, entrecoupée d’intermèdes musicaux. La beauté des textes, la beauté du lieu-la Chapelle de l’Hôtel-Dieu-la jeunesse et le talent des comédiens et du musicien, nous ont fait toucher la dimension infinie de l’homme, mais aussi les blessures qui la défigurent. Les artistes, dans leur exploration personnelle du monde, nous rappellent que l’émotion qui réunit les sensibilités, nous permet d’entrer en résonance avec le plus profond de notre être, nous met en face de l’éternel qui réside en chacun de nous.

Pour construire une société fondée sur les valeurs de respect, de tolérance, il est aussi nécessaire de donner à l’art sa mission fondamentale de questionnement. C’est aussi le sens des conférences que nous proposons au sanctuaire Saint-Bonaventure. Ainsi, comme l’art amène à porter un regard nouveau sur le monde, et apporte un « supplément d’âme », de même la culture est un facteur essentiel de discernement, elle incite au dialogue et au respect de l’autre qu’il soit chrétien, catholique ou non croyant. Nous avons tous notre partition à jouer, et l’art ne relève pas du superflu; il est au coeur de tout projet, de tout épanouissement. Nous partageons avec les équipes du Pôle artistique du diocèse, le désir de « servir la création artistique », lieu d’expériences fortes, lieu privilégié de l’émotion, lieu où se joue aussi l’art du bien vivre ensemble.

Ainsi, la simplicité émouvante du conte de Noël de Benjamin Faijan intitulé « Une lumière dans la nuit », le cycle de conférences des Alter-Catho du café Le Simone sont autant de façons de répondre à ce désir d’infini et d’absolu présent chez chacun d’entre nous. C’est pour cette raison que nous avons cherché à mieux les connaître.

Unissant le visible et l’invisible, le dit et le non-dit, l’art nous incite à être à l’écoute de notre monde, afin d’y accomplir ce pourquoi nous y avons été envoyés, il est une des voies les plus émouvantes par lesquelles l’homme peut s’approcher de Dieu.

Alors, en cette période traditionnelle de voeux, souhaitons que notre équipe contribue, par de nouvelles propositions et rencontres, à la libération créatrice qui donne à l’homme son vrai visage.

« Qu’on soit croyant ou qu’on ne le soit pas, ce n’est pas cela qui importe, ce qui importe, c’est de vivre cette prise de conscience, de vivre cet infini en soi et dans les autres. Celui qui ne l’a pas reçu est en deçà de son humanité et tant qu’il n’a pas accédé à cette expérience, il faudra qu’il pousse sa recherche jusqu’au moment où il aura identifié cet infini, et jusqu’au jour où il comprendra ce qu’il en résulte pour son comportement ». (Maurice Zundel).

Françoise Zehnacker, membre d’Arts, Cultures et Foi.

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L’été touche à sa fin. Une nouvelle année d’activité commence. Elle sera riche de tout ce que nous vivrons avec les autres.

Pour notre part, à Arts, Cultures et Foi, nous avons à coeur de proposer des temps d’écoute, de réflexion sur notre foi à travers l’art, et de nous laisser interpeller par celui-ci. Car qui ne voit qu’il n’y a de culture que lorsqu’est en jeu la question du sens de notre destinée ? André Malraux voyait ainsi dans la culture l’ensemble des signes, des formes, des débats que l’homme suscite en contemplant sa propre énigme.

De ce constat, découle une conséquence: scrutant le mystère de l’homme, la culture n’est jamais neutre. Il n’y a pas plus de neutralité dans un texte de Voltaire que dans une page de Paul Valéry, dans un film que dans une oeuvre du grand compositeur György Ligeti: toute production de l’esprit suppose un élan, des choix, un pari, de sorte que la culture ne vit que par le questionnement et le débat.

Dans les oeuvres les plus hautes du génie humain, la littérature, la musique, le cinéma, les arts, la science, affleure une aspiration qui dépasse l’homme lui-même et fait signe vers la transcendance; que la beauté dont l’art porte la nostalgie est un chemin d’ouverture à l’absolu; que la littérature est un détour nécessaire pour qui veut se comprendre et comprendre le monde.

Cette saison, nous allons particulièrement explorer notre siècle, d’abord en commémorant le centenaire de 1918, car la mémoire est une dimension de notre foi chrétienne. Plus tard, sous le titre générique Chemins artistiques vers l’Evangile au 20ème siècle, nous approfondirons les auteurs et les oeuvres qui, dans ce siècle passionnant, nous disent quelque chose de l’Evangile. Notre site Internet se fera largement l’écho de toutes les rencontres. Nous serons heureux de vous rencontrer et de faire ce parcours avec vous.

A bientôt.

Pierre Moutarde.

Délégué épiscopal Arts, Cultures et Foi.

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Avril 2018.

Nous voici déjà en avril. Notre Service Arts, Cultures et Foi a traversé l’hiver sans chômer: la proclamation de l’Ecclésiaste à l’Annonciation le jour du Mercredi des Cendres, débat-rencontre avec l’auteure Karima Berger, quatre conférences à Saint-Bonaventure sur le thème Arts et Evangile, un colloque à l’Espace Saint-Ignace sur le thème Dieu et le théâtre !

Ce qui est beau et bon, c’est que je croise de plus en plus de personnes qui disent avoir soif de nourritures culturelles en lien avec la foi. Et il me revient en tête les paroles de la philosophe française Simone Weil qui écrivait: « Dans tout ce qui suscite en nous le sentiment pur et authentique de la beauté, il y a réellement la présence de Dieu ».

L’art, sous toutes ses formes, envahit les sociétés contemporaines, à tel point qu’il est parfois devenu un produit de consommation. Les hommes et les femmes de notre temps sont ainsi plus susceptibles de s’ouvrir à la rencontre avec Dieu par cette voie d’accès, ce chemin qu’est la beauté. Ainsi, si vous n’avez pas vu le très beau film de Cédric Kahn La Prière dont nous avons parlé sur notre Site, courez-y et voyez combien cet art magnifique qu’est le cinéma sait exprimer ce qui est spirituel en l’homme, combien il sait dire ce qui échappe à toute représentation.

Bon Printemps !

Pierre Moutarde, Délégué épiscopal Arts, Cultures et Foi.

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Janvier 2018.

En 2017, notre Service Arts, Cultures et Foi a réalisé de belles entreprises, et il s’est enrichi d’un nouveau membre, le Père Michel Quesnel, homme de culture, exégète, auteur de nombreux ouvrages magnifiques. Chaque membre du service a eu à coeur de construire des passerelles, de dialoguer avec les personnes que nous avons été amenés à rencontrer dans nos différentes activités et dans notre vie sociale.

Par ailleurs, notre nouveau Site Internet est en activité depuis le mois d’août, et grâce à Pierre Quelin, il contribue à mieux faire connaître Arts, Cultures et Foi. N’hésitez pas à le consulter.

En 2018, il nous faut aller plus loin, en travaillant toujours davantage à l’approfondissement de notre dialogue avec la société. Nous voyons bien que ce dialogue est plus que jamais nécessaire dans un monde où ne cessent de s’élever des murs d’incompréhension.

En ce premier trimestre, le programme d’Arts, Cultures et Foi est copieux: du 27 février au 20 mars, quatre conférences organisées au Sanctuaire Saint-Bonaventure par les membres de notre équipe, traiteront de la thématique « Arts et Evangile ». En parcourant quatre formes artistiques, nous tenterons de repérer les traces évangéliques que nous ont léguées et que nous laissent encore aujourd’hui les artistes et les écrivains. Notez aussi dès à présent que le 24 mars, nous organiserons une journée de réflexion sur le théâtre: Dieu habite-t-il le théâtre ? Nous reviendrons bien entendu sur ces manifestations.

En ce début d’année, renouvelons notre espérance dans ce monde si beau qui nous a été donné, et je fais miennes ces paroles prononcées par Martin Luther King il y a bien longtemps déjà:

Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance, j’affirme ma foi dans l’avenir de l’humanité.

Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.

Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent l’homme à ce point captif de la nuit que l’aurore de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.

Je crois que la vérité et l’amour, sans conditions, auront le dernier mot effectivement.

La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.

Je crois fermement qu’il reste l’espoir d’un matin radieux, je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi.

Chaque homme pourra s’asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et plus personne n’aura plus de raison d’avoir peur.

Bonne année !

Pierre Moutarde, Délégué épiscopal.

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Novembre 2017

Cet automne, de nombreux évènements culturels émaillent la ville de Lyon. Il y a eu le Festival Lumière, puis la Biennale d’Art Contemporain, il y a la Biennale d’Art Sacré Actuel qui connaît un fort succès, sans compter les nombreuses programmations des institutions théâtrales et musicales, et aussi des lieux culturels plus modestes mais très dynamiques qui irriguent la Métropole. Toutes ces manifestations sont l’occasion de croiser de nombreux artistes: peintres, sculpteurs, comédiens, musiciens. Tous nous disent quelque chose de l’homme.

A Arts, Cultures et Foi, nous cherchons à savoir si le travail des artistes peut ouvrir des chemins de dialogue entre les hommes: quel rôle peuvent jouer les artistes, à une époque tellement marquée à la fois par la violence et par l’argent, mais aussi par la rencontre des cultures et des élans de solidarité ? L’art est-il une manière d’ouvrir les sources de vie encore cachées dans le monde, d’ouvrir nos yeux à l’émerveillement devant la vie ? Une démarche artistique peut-elle ouvrir à une dimension transcendante de la vie ? Peut-être même à Dieu ? L’art est-il « une sorte d’appel au mystère » ?

Ces questions guident notre démarche, et nous ne manquerons pas de vous la faire partager à travers tous les évènements que nous vous ferons connaître tout au long de l’année.

Pierre Moutarde, Délégué épiscopal.

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Juillet 2017

Service du diocèse de Lyon, « Arts, Cultures et Foi » s’est donné pour mission de repérer les oeuvres et les artistes qui nous interpellent au plan spirituel, et qui peuvent être source commune de rencontre, de dialogue et de questionnement.

Cela peut concerner un livre, un film, un spectacle, une exposition. Dans notre équipe, nous considérons que les artistes disent quelque chose du monde, et que la fréquentation des arts et des artistes est une saine interpellation qui ne peut que fortifier notre foi en Dieu.

L’Art est un formidable média pour entrer en dialogue avec les autres, et il est certainement très bien placé pour dialoguer avec les incroyants. Au-delà des personnes, il s’agit de faire en sorte que chrétiens et incroyants se connaissent et se parlent.

Le diocèse de Lyon a quelque chose à dire aux incroyants, et il a quelque chose à apprendre des incroyants. Et tout en demeurant ce que nous sommes, nous pouvons nous retrouver sur des options humanistes: « Les motivations religieuses de cet engagement peuvent ne pas être partagées, mais les convictions morales qui en découlent constituent un point de rencontre entre les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté » (Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise n° 579).

Pierre Moutarde – Délégué épiscopal Arts, Cultures et Foi.

 

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