Jénia BERKOVITCH, Car février n’en finit plus

Pour Oulia

Aux funérailles du deuxième larron,
Derrière le cercueil, il n’y avait personne.
Personne pour baiser son front.
Vraiment absolument personne.
Personne pour venir le pleurer
Et soutenir sa mère.
Sa mère d’ailleurs n’était pas éplorée.
Tous avaient fini par comprendre
Que si l’un était juste, l’autre était un vaurien,
Et que si certains meurent pour une cause,
Les autres meurent tout simplement pour rien.
C’est lui qui a choisi de tuer, de violer,
C’est lui qui a payé.
Il ne nous revient pas de le plaindre ou d’absoudre
Un monstre tel que lui.
Ils sont allés au tombeau du gentil,
Ont trouvé le tombeau vide.
Il y avait bien là quelques nippes
Mais le Christ n’y était pas.
Et ces gens de crier de prier avec ferveur
De s’arracher les cheveux.
Mais lui était allé rejoindre le pécheur,
Ne voulant pas le laisser seul.

23 avril 2022

Recueil dirigé et présenté par Alexey Voïnov
Editions Tourgueneff, Paris 2026

Pour marque-pages : Permaliens.

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