ADIEMUS & REQUIEM de Karl Jenkins à  la Basilique de Fourvière

Concert d’exception à  ne pas manquer

Musique inhabituelle, mais séduisante et saisissante

ADIEMUS & REQUIEM de Karl Jenkins interprétés
par les Chœurs de la Basilique de Fourvière ,les Chœurs Mariste de la Verpillière (Direction N. Bottazzi),les chantres de St Marc(Direction N.Porte),et le Groupe Vocal Octavium (Direction Ph. Chassigneux).

100 choristes-25 musiciens

2 dates :

  • vendredi 20 septembre 20 h 30, cathédrale st Maurice à  Vienne
  • Dimanche 22 septembre à  19 h ,crypte de la basilique de Fourvière LYON

20€ à  l’avance.10€étudiant. 25€ à  l’entrée.
Réservations -www.ticketnet.fr ou 0619859741.
gvoctavium@gmail.com

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En savoir un peu plus :

Requiem de Jenkins

Le Requiem de Karl Jenkins met en scène la traditionnelle messe de Requiem en latin, tout en y ajoutant des mouvements typiques que l’on peut retrouver chez Fauré et Duruflé tels les « Pie Jesu » et « In Paradisum ». Ces mouvements sont ponctués par des Haiku, (poèmes délicats dédiés à  la mort et chantés en japonais), dont les textes épigrammatiques donnent un sentiment de sérénité aux thèmes liturgiques. Le résultat est une expression d’une profonde et émouvante spiritualité, dont les liens musicaux aux différentes cultures sont totalement appropriés au monde moderne.

Cette œuvre puissante plait aux chœurs qui cherchent à  chanter une musique inhabituelle, mais séduisante et saisissante: la partition complète comprend une partie pour flûte japonaise (shakuhachi) et diverses percussions ethniques.

Note du compositeur

« Un Requiem est une messe pour les âmes des défunts. En général, j’ai utilisé les séquences habituelles en latin, mais suivant mon habitude de puiser dans d’autres cultures, j’ai également ajouté cinq poèmes funèbres japonais ‘haiku’. Ces poèmes parlent habituellement de la nature; ils se basent sur une idée unique et comportent dix-sept syllabes divisées 5-7-5 sur trois lignes. Ainsi qu’il ressort du texte, pour les Japonais, le cycle naturel de l’eau (les précipitations) est synonyme de vie.

J’ai combiné les textes occidentaux et orientaux dans deux des mouvements haiku, ‘Having Seen the Moon’ et ‘Farewell’, qui incorporent le Benedictus et l’Agnus Dei respectivement. Les deux sont entonnés par des voix d’hommes dans un style monastique, en contrepoint au texte japonais chanté par des voix de femmes.

L’instrumentation de ces haikus comprend l’ancien instrument à  vent japonais, le shakuhachi. A d’autres endroits, selon mon habitude, j’ai utilisé quelques tambours ethniques (par ex. darabuca arabe, daiko japonais, des tambours à  cadres), et même un rythme hip-hop dans le Dies Irae !

L’ œuvre est dédiée à  feu mon père, qui fut musicien et une inspiration. »
Karl Jenkins

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ADIEMUS

De nombreux auditeurs connaissent Jenkins en premier lieu par sa série d’albums Adiemus, autant de variations sur le concept musical unique en son genre qu’il inaugura en 1995 avec Adiemus: Songs of Sanctuary, vendu à  plus d’un million d’exemplaires.
Il n’a jamais été possible de définir précisément ce qu’est la musique d’Adiemus. Au Japon, elle est classée dans la catégorie «musique soignante », et la sortie du premier album a déclenché une discussion sur la question de savoir s’il fallait ou non lui donner accès au hit-parade du classique. Même le nom Adiemus renvoie à  plusieurs significations possible, puisqu’il se rapproche des mots latins adeamus (« approchons ») et audiamus (« écoutons »). Cela ne gêne Jenkins en aucun cas.

Son objectif de départ était «de faire de la musique sur des principes classiques en utilisant un orchestre, mais en faisant appel à  une sonorité vocale plus proche de la musique du monde ou de la musique ethnique que de la tradition classique européenne. Rythmiquement, les percussions sont employées pour donner la pulsation comme en pop, dans le jazz ou le rock, tandis que la percussion classique est plutôt utilisée comme une tâche de couleur. La sonorité d’ensemble est assez unique en son genre. »

Karl Jenkins possède une vaste formation et expérience musicale. Après des études classiques à  l’Université de Cardiff au Pays de Galles et à  l’Académie Royale de Musique à  Londres, il a travaillé comme musicien de jazz avec, entre autres, Nucleus et Ronnie Scott. Ses projets « Adiemus » ont eu un succès ininterrompu avec 15 distinctions d’or et de platine, et ‘The Armed Man : A Mass for Peace’ a été interprétée par des milliers de musiciens à  travers le Royaume Uni.
Karl Jenkins a reçu des commandes du Ballet Royal, des BBC Proms in the Park, de son Altesse Royale le Prince de Galles, du London Symphony Orchestra, de Evelyn Glennie et Lesley Garrett. En 2004 il entre dans le ‘Hall of Fame’ de Classic FM en position 8, la plus élevée accordée à  un compositeur vivant, et en 2005 il obtient la distinction OBE (Officer of the Order of the British Empire) pour services rendus à  la musique britannique.

Femmes et enfants, une exposition à  ne pas manquer

« Femmes et Enfants
 »
de la photographe lyonnaise Henriette Ponchon de Saint André

Eglise de Toussieu

du 21 septembre au 15 octobre

Entrée libre tous les jours de 10 h à  17 heures

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En savoir un peu plus sur Henriette Ponchon de Saint André

Henriette Ponchon de Saint André vit et travaille à  Lyon.
Depuis 1989, elle anime « L’Atelier d’Images », association qui suscite des actions d’animations par l’image ainsi que des formations à  la
pratique photographique (prise de vues et laboratoire) qu’elle considère comme un art du regard et de l’écriture.
Passionnée de voyages, elle aime voir les lumières du jour, des heures et des saisons.
Mais ce qu’elle aime avant tout, c’est rencontrer les gens dans la rue, chez eux, à  leur travail, dans leurs ateliers. Son appareil photographique lui sert de vecteur de communication, au delà  du visible, pour saisir l’essentiel et sentir ce qui ne se dit pas.
Elle voyage seule avec son appareil photographique pour être plus disponible avec son sujet et réalise elle-même ses tirages, en noir et blanc.
Henriette Ponchon de Saint André est présente dans de nombreuses collections privées et publiques, dont celle de la Bibliothèque Nationale de France qui possède unesérie de 35 images de l’auteur.

Jimmy P., psychothérapie d’un Indien des plaines

D’Arnaud Desplechin

France/Etats-Unis, 2013, 1h53

Festival de Cannes 2013, sélection officielle

Sortie en France le 11 septembre 2013.

avec Benicio del Toro, Mathieu Amalric, Gina McKee

Autour d’une rencontre entre un ancien combattant amérindien et un anthropologue européen, un très beau film sur les blessures de l’âme et la complexité d’une prise de conscience.

De film en film, Arnaud Desplechin arrive encore à  nous surprendre et à  nous émerveiller. Par l’originalité des thèmes choisis et la subtilité avec laquelle il les traite. Par une mise en scène fluide même dans les situations les plus complexes et, ici plus que dans ses autres films, par une attention particulière apportée aux paysages, servie par l’excellent travail du directeur de la photographie, Stéphane Fontaine. Arnaud Desplechin a eu raison d’aller se confronter aux grands espaces d’Amérique du nord.JIM_DAY_28__0648_-__c_Nicole_Rivelli_-_Why_Not_Productions.jpg

L’action du film se déroule aux États-Unis, juste après la fin de la Deuxième guerre mondiale. L’acteur américain Benicio Del Toro interprète un Indien, Jimmy Picard, ancien combattant démobilisé avec des maux de tête et des pertes de la vision, suite à  une blessure en Europe. Les médecins sont démunis pour trouver la cause réelle de ses souffrances. Un psychiatre fait appel à  l’expertise de Georges Devereux, anthropologue européen spécialiste des Indiens et interprété par Mathieu Amalric.

Au cœur du film, il y a la rencontre entre ces deux hommes. Jimmy est enfermé dans son mal-être physique. S’il sait lire et écrire, il sait aussi que seul le passage par l’armée lui a permis de dépasser le racisme ordinaire qui sévit encore vivement aux Etats-Unis. Face à  lui, un homme blanc mais non-Américain, qui connaît très bien les coutumes et la langue des Indiens. Qui lui pose des questions que personne ne lui avait jamais posées et lui parle avec respect. Sans cesse sous nos yeux, les conversations entre les deux hommes oscillent entre l’analyse strictement médicale et la naissance d’une relation profonde, mélange d’amitié, d’admiration et de curiosité. Entre l’exubérance de Georges Devereux qui parle avec naturel des sujets les plus délicats ou les plus intimes et l’enfermement de Jimmy, on se demande parfois quel est le plus fou des deux. Georges connaît sa folie et sait vivre avec, Jimmy apprend peu à  peu que les maux du corps traduisent les blessures de l’âme.

Avec une intelligente utilisation des retours en arrière et des rêves, incrustés dans la chronologie de la narration, Jimmy P., psychothérapie d’un Indien des plaines est un film fluide et lumineux. Les conversations entre les deux protagonistes principaux alternent avec des moments plus légers et d’autres personnages font des entrées discrètes mais nécessaires pour donner du corps à  tout l’ensemble. Il y a aussi des échappées extérieures, dans des paysages où le spectaculaire renforce la gravité des questionnements soulevés par cette thérapie. L’atmosphère de l’époque est bien rendue sans qu’on soit gêné par la trop prenante reconstitution des décors. Tous les personnages qu’on rencontre ont, pendant la guerre, vécu des moments très difficiles. Et l’élégance avec laquelle ils savent tenir à  distance leur souffrance, on la retrouve jusque dans leurs vêtements.JIM_DAY_9_2958_-__c_Nicole_Rivelli_-_Why_Not_Productions.jpg

Les thèmes soulevées pendant les conversations entre Jimmy et Georges sont nombreux et interpellent directement le spectateur : les cauchemars récurrents, le poids des traditions, les réminiscences d’une culture ancestrale, les blessures de l’enfance et les lâchetés de l’âge adulte. On analyse le corps avec des données scientifiques, on révèle la conscience en nommant l’inconscient. Jimmy P., psychothérapie d’un Indien des plaines n’est pas l’histoire d’une guérison mais plutôt d’un cheminement permettant à  un homme d’entrevoir un autre univers. En prenant conscience de la culture indienne dont il est issu, et en se souvenant des événements qui l’ont façonné, Jimmy apprend à  se connaître et à  s’accepter.

Dans les films de Desplechin, où les dialogues sont si importants, le corps dit ce que les mots ne savent pas exprimer : névrose, cancer, chute, malaise. D’où l’importance physique des acteurs. Ici, le grand corps massif de Benicio Del Toro pour exprimer la chair tourmentée d’une âme lacérée face au petit gabarit de Mathieu Amalric, elfe incontrôlable et volubile. Un grand moment de cinéma !

Magali Van Reeth

Signis

Journées cinématographiques de La Salette

Projections, débats, ateliers, rencontres et convivialité dans un lieu exceptionnel : pour la 4ème année consécutive, le sanctuaire Notre Dame de La Salette, en Isère, vous invite au cinéma.

Le thème de ces rencontres : Hors la Loi, que le père Michel Farin développe :

Hors-la-loi, outlaw. Le cinéma a contribué à  vulgariser ce mot à  travers le monde entier, par l’intermédiaire du Western. Chacun de nous a, dans un coin de sa mémoire d’enfant, l’image de ces hommes au visage masqué d’un foulard, chevauchant la grande terre de ce qui n’étaient pas encore les Etats Unis. Ils faisaient régner la violence en s’opposant partout au shérif, fragile représentant de la loi qui avait à  s’établir pour que naisse une société humaine aux confins de ce nouveau monde.

Ainsi en puisant dans la mémoire de son histoire fondatrice, tout en développant de façon industrielle la production de cet art nouveau, le peuple des Etats Unis a réussi à  faire du cinéma américain un art universel. En Particulier à  travers l’exploitation de deux genres devenus célèbres : le western et le policier(le polar, le thriller).

Et nous tous qui, par le monde, nous sommes projetés dans ces histoires magistralement racontées par le John Ford, Howard Hawks, Raoul Walsh, Anthony Mann, Alfred Hitchcock… Nous qui nous sommes identifiés aux personnages merveilleusement interprétés par John Wayne, Gregory Peck, Henry Fonda, Gary Cooper… nous n’avons pas toujours eu conscience qu’il nous était proposé de revivre le drame de la constitution d’une nouvelle société. Et aucune de ses œuvres ne nous auraient touchés si elles n’avaient rejoint, au plus profond de nous-mêmes, la question de la loi posée au commencement de toute histoire humaine, à  la Naissance d’un homme comme celle d’une nation.

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Avec cette figure du hors-la-loi, nous sommes renvoyé à  la question qui travaille de toute l’histoire humaine et qui s’est révélée au cœur de l’histoire d’Israël : qui peut dire la loi ? Par qui l’ordre peut-il être rétabli, au delà  de la transgression, sans que le hors-la-loi soit perdu ?, car sans cela qui sera sauvé ?

L’histoire biblique nous ouvre à  la profondeur de ce mystère, en nous révélant que la naissance d’un peuple comme celle de chacun de ses fils, repose sur la loi d’une Alliance qui ne peut-être dite qu’au nom d’un père qui soit créateur le et le sauveur. Celui qui avant tout donne la vie sans condition et maintient unilatéralement son Alliance avec celui qui l’a rompue, avec le hors-la-loi. A ce dernier d’en accepter d’en être bouleversé.

Il est impossible à  un père de tenir, par lui même, cette place à  l’égard de son fils. De même, il est impossible à  un shérif, comme tout représentant de la loi, de la tenir par lui même, à  l’égard du hors la loi, sans être touché par la violence. Mais rien n’est impossible à  Dieu. Il est alors demandé au fils comme au père, au hors la loi comme au shérif, de découvrir que la loi ne nous met pas seulement devant l’alternative de faire ou de ne pas faire ce qui es commandé. Elle nous met d’abord devant l’alternative de faire confiance, ou non, à  la voix qui nous dit la loi.

Sans cette confiance, que l’on soit fils ou père, gangster ou policier, nous sommes livré à  un ordre moral qui nous reste extérieur, soumis à  une légalité muette. La loi n’est plus qu’une idole à  détruire ou à  adorer. Elle ne peut alors que renforcer la violence et conduire à  la Mort. Le film, comme toute fiction, n’est une œuvre véritable que s’il nous ouvre à  ce mystère même, et souvent surtout, s’il ne s’y réfère explicitement.

Michel Farin, SJ

Découvrez tout le programme dans le site de Notre Dame de La Salette, en cliquant ici.

Pour vous inscrire et demander des renseignements : contact@cine-salette.com

Elles sont passées par ici…

« Elles sont passées par ici, elle repassera par là « … Ou comment les femmes de la Bible parlent aux femmes d’aujourd’hui. Histoires de passages, de repassage, Mireille Buron défroisse la Parole, rafraîchit la Bible, raconte les femmes… Un spectacle plein d’humour, de cœur, de profondeur et … de vapeur !

Soirée organisée par l’Eglise Protestante Unie. Soupe à  l’oignon servie à  l’issue de la représentation.

Contact : buron.vincent@acsj.fr / 04 78 45 30 58 / 06 86 47 03 76

Temple du Change, place du Change Lyon 5e,
vendredi 7 février 2014, à  20h30.

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Une nouvelle équipe à  la tête de SIGNIS Europe

Une nouvelle qui réjouit l’équipe du service Arts Cultures et Foi du Diocèse de Lyon : Magali Van Reeth, chargée pour notre service des critiques « cinéma » a été élue Présidente le 15 juillet dernier et pour 4 années de Signis Europe,.

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Les nouveaux Délégués de SIGNIS Europe (de gauche à  droite) : Ana Lanuza Avello, Doulas Fahleson, àkos Kovà¡cs, Antonio Urrata, Théo Péporté, Magali Van Reeth, Joachim Opahle.

L’Assemblée a accueilli des participants d’Allemagne, Angleterre, Belgique, Espagne, France, Hongrie, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas et république Tchèque. Ils ont participé à  des ateliers sur le web 2.0 et l’audiovisuel, une démonstration d’essais virtuels sur le cinéma, et une rencontre avec des producteurs espagnols.

Ilo Ilo

d’Anthony Chen

Singapour, 2013, 1h39

Festival de Cannes 2013, Quinzaine des réalisateurs, Caméra d’or

Sortie en France le 4 septembre 2013.

avec Angeli Bayano, Koh Jia Ler, Yeo Yann Yann, Chen Tianwen.

Entre désir de modernité et traditions, portrait délicat d’une famille de Singapour où chacun tente de faire bonne figure pour ne pas inquiéter les autres.

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Singapour 1997. Teresa a laissé son enfant aux Philippines pour être domestique dans une famille plutôt aisée et qui la traite relativement bien. Les deux parents travaillent, un nouveau bébé doit bientôt arriver et Jiale, 10 ans, est un gamin mal élevé qui n’a aucune envie de partager sa chambre avec cette intruse. Ilo Ilo est le récit délicat d’une rencontre entre cet enfant borné et une femme qui sait qu’elle a tout à  perdre si elle est trop maladroite avec lui. Comme elle ferait avec un animal sauvage, Teresa va apprivoiser Jiale et faire entrer le spectateur dans l’intimité de leur vie. Et de la vie de la classe moyenne de Singapour, à  la veille d’une rude crise économique. Un pays où il faut parler anglais pour avoir l’air éduqué et où une compatriote lance à  Teresa : « Oublie ton chapelet, ici Dieu n’existe pas ! »

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C’est un récit d’enfance et d’immigration assez juste. Il rend hommage à  ces femmes discrètes qui viennent chercher de meilleurs salaires en pays inconnu. Les deux actrices principales sont très célèbres dans leurs pays respectifs : Yeo Yann Yann à  Singapour et Angeli Bayano aux Philippines. Ilo Ilo a obtenu le prix de la Caméra d’or au dernier Festival de Cannes. Ce prix récompense le meilleur premier film présenté dans 4 sections : la compétition officielle, la section Un Certain Regard, la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique. Sans être un chef d’œuvre, le film montre qu’à  Singapour, on peut faire autre chose que des comédies populaires ou des films d’horreur.

Magali Van Reeth

Signis

Exposition lecture de l’oeuvre SoulagesVariations

La galerie Jean-Louis Mandon, propose
Mercredi 11 septembre à  19 heures

Une présentation lecture de l’oeuvre : « Soulages/Variations » par
Pierre Lacôte et Geneviève Vidal.

entrée libre
3 rue Vaubecour 69002 Lyon – 0630874755

jeanlouismandon@yahoo.fr
http://www.galeriejeanlouismandon.com/Accueil.html

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Découvrir un peu plus…

Dans LE NOMBRE DE LA LUMIERE, Geneviève Vidal écrivait : « Neuves fractures / ruptures aux lignes franches / à  qui sait lire / inscrivent des lettres armoriées / car la terre s’ouvre / vivante en travail ». Il est frappant de constater combien chaque recueil participe d’une construction plus vaste, annonce celui qui suit, pose en quelque sorte sa pierre à  l’édifice ; combien il témoigne d’une aventure peu commune dans la sensibilité où la formation philosophique du poète résout mais sans la tarir l’énigme des incessantes « fractures », comme du « lézardé crevé » et du « rouge fouillis » dont son SOULAGES / VARIATIONS fait état. Ainsi son Musée Imaginaire auquel elle nous convie dans le présent ouvrage est-il à  la fois l’aboutissement d’une pensée sur l’art et le consentement au désordre d’une création plurielle, celle du peintre – elle-même dédoublée, l’exposition Pierre Soulages au Musée des Beaux-Arts de Lyon ayant inspiré les variations du plasticien Pierre Lacôte – et la sienne propre. Rien n’est figé, donc. Les tableaux et les poèmes ne cessent pas de se répondre et de suggérer à  la fois de nouvelles architectures et d’incontournables ruptures. On sait bien combien la mise en regards, dans un livre, d’un artiste et d’un poète, loin d’être une illustration de l’un par l’autre, engage au contraire un dialogue, un hors-texte comme un hors-image. D’où l’importance de rappeler ici la survenue concomitante « des lettres armoriées » et de cette « terre [qui] s’ouvre / vivante en travail », précisant d’une part que l’aventure de la création est une mise en abyme, un risque d’abord humain car selon le photographe Gérard Gascuel : « L’artiste véritable sait qu’il doit travailler sur lui avant de conquérir la matière » – et la philosophie avec la posture méditative qui est la sienne, correspond, pour Genviève Vidal, à  un travail sur soi – ; d’autre part, que l’œuvre regardée ou lue, ne cesse pas de produire ses effets et que tout regard ou lecture, en retour, la travaille. En ce sens, il n’est pas anodin que le poète emploie dès ses premières pages le verbe « œuvrer » et répète d’une manière quasi incantatoire, dans un poème ultérieur, « œuvre au noir / œuvre au blanc / œuvre au rouge », faisant ainsi percevoir à  son lecteur le travail alchimique en cours, le vivant, le remuant auquel tout créateur s’affronte, nous ramenant aussi à  René Char lorsqu’il évoque « la couleur noire [qui] renferme l’impossible vivant. Son champ mental est le siège de tous les inattendus. »
Inattendus, voilà  bien un mot qui pourrait figurer au lexique de ce Musée Imaginaire ! En écho, nous parviennent les « partages », « parages », « passages » comme les « croiser » ou « permuter » de G. V. qui, par le choix de ces mots réitère la question fondatrice du recueil : qu’est-ce que regarder si ce n’est entrer dans cette relation complexe entre le « déjà  vu » – d’où le texte liminaire « On dirait du Dali / du Magritte / du » – et le « à  voir », entre découvert et re(dé)couvert ? C’est en quelque sorte faire du savoir non un élément fixe et indétrônable mais une pierre d’achoppement et de questionnement. En tant que poète, l’auteur choisit de manifester son étonnement, capacité primordiale, « Emotion / à  se trouver devant / face à  face » et, à  l’instar du titre de l’ouvrage, activer le processus des variations. Comment dès lors, dans le texte précité – « œuvre au noir / œuvre au blanc / œuvre au rouge » – ne pas percevoir dans la scansion, à  la fois une nomination et une injonction, à  savoir un emploi du mot « œuvre » en tant que substantif comme en tant qu’impératif ? Dans ce même texte, l’auteur nous décrit métaphoriquement le travail sensible et intellectuel par l’érosion des rochers, la germination de la terre ou les métaux en fusion, rattachant sa propre genèse et sa création d’un monde à  la création du monde, reliant le « faire » au « se faire », ce que la citation liminaire de Pierre Soulages engageait déjà  : « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche ». Et à  cet égard, l’enchevêtrement des traits de Pierre Lacôte inscrit comme une traçabilité de l’invisible. Son « outrenoir » à  la fois trame, resserre, établit des jonctions, des soudures et trahit des perspectives et des blancs – des trouées serait plus juste – par lesquels les permutations ont lieu, les « lettres armoriées » jaillissent, recréant un alphabet éminemment poétique parce que subversif. Le château de lettres construit au fil des dernières pages, que nous dit-il ? « L’évidence de la rencontre » – entre les artistes – et en même temps l’évidence de la mort à  l’œuvre, avec en filigrane le suicide de Rothko tout autant que cette solide amitié qui l’a lié à  Soulages et que G . V. rappelle. Le noir – « où s’origine le noir » constate et/ou interroge le poète ; « A noir », disait Rimbaud – constitue sans doute ce « lieu sacré au-delà  de toute imagerie », départ de la forme comme de la lettre, Topogramme, selon le mot inventé de Pierre Lacôte, moment à  l’aplomb du « néant » dont le paradoxe du « rayonnement intense et sombre » réaffirme le danger et sa nécessité conjointe de la « fracture », de la « ténèbre » comme de l’effondrement du château de lettres Les Variations prennent ce risque, n’hésitant pas à  diversifier les synonymes de « travailler » et d’ « œuvrer » avec « fertiliser » ou « densifier » ou encore « iriser » comme avec « charrier » et « grouiller » qui abolissent l’architecture, désordonnent et décomposent, modalités – toujours – du « Vertige de l’inconnu », cette quête du poète.
Chantal Danjou

Alabama Monroe

De Felix Van Groeningen

Belgique, 2012, 1h50

Prix Signis au Festroia 2013 (Portugal)

Sortie en France le 28 août 2013.

avec Veerle Baetens et Johan Heldenbergh

Il est parfois difficile d’évoquer la mort avec de jeunes enfants. Comme il est difficile de faire son deuil sans le secours des rituels, religieux ou profanes. Un film explosif qui pose des questions délicates.

Le film débute par une histoire d’amour classique entre deux personnages détonants et atypiques. Elise tient une boutique de tatouages et son corps est une réclame vivante pour cet art qu’elle pratique avec brio. Didier joue du banjo dans un groupe de bluegrass. C’est solitaire, un barbu hirsute qui habite une caravane dans un coin de campagne humide (on est en Belgique). La passion va les enflammer jusqu’à  l’arrivée d’une petite fille. Après le temps des ajustements, arrive la mort qu’on n’attendait pas si tôt.AlabamaMonroe-1.jpg

Au cœur du film, deux thèmes sont tissés avec brio autour de cette famille dévastée par le drame. D’une part la fascination sans borne de Didier pour l’Amérique. Une Amérique mythique, aux couleurs claquantes, celle de la musique qu’il pratique avec passion et qui allume des étoiles dans ses yeux. Une Amérique de grands espaces et de rêves infinis, avec des Indiens, authentiques et valeureux. Mais Didier n’y a jamais mis les pieds – pourtant chaussés de bottes de cowboy – et il va trébucher dans l’ère Busch junior où le fait religieux devient prétexte à  un conservatisme grinçant qui s’accommode mal avec son idéal de liberté.

L’autre thème est celui du rituel face à  la mort. Pour Didier, seules la science et la raison permettent de comprendre le monde dans lequel il vit et il n’y a rien après la mort. Il est farouchement opposé à  toute forme de religion et de superstition. Elise, bien que non pratiquante, est plus sensible aux rites traditionnels, aux signes, aux talismans et lorsque la mort s’annonce, elle est prête à  tout essayer et à  mélanger les rituels de toutes les croyances pour l’aider à  supporter son chagrin.

Cette question des rituels face à  la mort est épineuse dans une société occidentale où les individus sont fortement déchristianisés et, en général, pas assez solides pour affronter le bouleversement de la mort d’un proche. Sous l’apparente simplicité de la provocation, Alabama Monroe la traite avec finesse. Confrontés à  leur douleur, et à  leurs positions radicalement différentes, Didier et Elise ne peuvent plus trouver, même dans la musique, la complicité et la consolation qui leur permettraient de faire le deuil et de trouver la force de continuer à  vivre.AlabamaMonroe-3.jpg

Dans le style percutant qui lui est propre (on se souvient de La Merditude des choses, 2009), Felix Van Groeningen réussit un film puissant sur ce sujet complexe. Emerveillé par la joie et le dynamisme de la première partie, on s’enflamme avec l’histoire d’amour d’Elise et Didier et notre cœur bat au rythme entrainant de leurs chansons. Sonné par le dénouement, on apprécie de reprendre pieds dans la dernière scène. Avec ses amis musiciens, Didier trouve enfin le rituel pour se départir de son arrogance et accepter le mystère de la mort.

Sélectionné dans de nombreux festivals, sous le titre The Broken Circle Breakdown, ce film a obtenu le prix du public à  la Berlinale de 2013. Au Festroia, le festival du film de Setubal au Portugal, où il était en compétition officielle, il a remporté le prix Signis, le Dauphin d’or de la compétition et le prix Fipresci. Ce film est en sélection pour le prix LUX du parlement européen, qui sera décerné en décembre 2013.

Magali Van Reeth

Signis