Dans le cadre du festival « Orgues en jeux », et de la 8ème Biennale d’Art Sacré Actuel, Loïc Mallié donne un concert samedi 15 octobre à 17 heures à l’église Saint Polycarpe
« Continuez sans nous !
Pièce théâtrale, chorégraphique et musicale qui retrace le parcours extraordinaire de deux vies parallèles, tellement proches l’une de l’autre. Lucien Bunel et Elise Rivet. par Catherine Cadol et Valérie Le Juez.
Samedi 22 octobre 2011 à 20 h 30 Eglise Saint Augustin
Elles sont passées par ici, elle repassera par là …! »
Elles sont passées par ici, elle repassera par là …! » ..ou comment les femmes de la Bible parlent aux femmes d’aujourd’hui.
De Bon matin

de Jean-Marc Moutout
France/Belgique, 1h31, 2010.
Sortie en France le 5 octobre 2011.
avec Jean-Pierre Daroussin, Valérie Dréville, Xavier Beauvois.
Une implacable dénonciation des violences au travail, d’autant plus percutante qu’elle est magistralement filmée et que l’acteur Jean-Pierre Daroussin impressionne par sa présence physique.
Après Violence des échanges en milieu tempéré (2003) où un jeune consultant prenait à cœur les licenciements qui lui étaient confiés, Jean-Marc Moutout revient, avec ce nouveau film, dans le monde du travail. Un genre qu’il traite avec une intention aussi forte qu’autrefois Dickens ou Zola lorsqu’ils décrivaient la misère des ouvriers du 19ème siècle européen. 
De bon matin : derrière ce titre guilleret se cache un drame très contemporain, la dégradation des conditions de travail. Non pas pour ceux qui sont en bas de l’échelle sociale mais pour ces cadres pressés comme des citrons par des actionnaires qui les jettent dès qu’ils ne sont plus rentables. Paul Wertret travaille depuis 30 ans dans une banque, il a une vie confortable, un métier qu’il aime, des clients avec qui il entretien de vraies relations. Peu à peu, l’entreprise est réorganisée, de nouveaux chefs arrivent (plus jeunes, plus diplômés), avec d’autres méthodes de travail et il faut changer, faire du chiffre. Réaliser peu à peu qu’on a perdu sa valeur.
Pour porter à l’écran la dégradation insidieuse de cet homme ordinaire, Jean-Marc Moutout brouille brillamment la logique temporelle et l’enchainement des petits incidents. Ceux qui sapent l’estime de soi et la stabilité de Paul. Sa vie nous parvient comme une mosaïque fluide où il perd pieds, convoquant les souvenirs anciens, les moments heureux et les humiliations répétées. Evitant de coller de trop près à la dénonciation simpliste d’une situation complexe, le réalisateur se détache d’un récit linéaire et anecdotique pour privilégier la force du ressenti. Le personnage principal est incarné par Jean-Pierre Daroussin, archétype de l’homme ordinaire dont la souffrance physique est palpable à l’écran. Une très belle prestation où les mots sont inutiles tant le corps exprime de nuances.
Dénonciation radicale de la violence de certaines méthodes de travail, De bon matin montre avec subtilité l’invisible escalade qui mène à l’irréparable. Laissant au spectateur le temps de penser et de ressentir des émotions très dérangeantes avec le personnage principal, le film n’explique pas tout, ne donne pas de réponse mais dénonce une situation. Ainsi le silence de la et les visages anéantis des collègues de travail de Paul, dans la dernière scène où Jean-Marc Moutout pose la question de la responsabilité : « C’est un peu une mise en demeure : qu’est-ce que vous allez faire, vous, après ce drame, est-ce que vous allez tenir, est-ce que vous aller plonger, est-ce que vous allez accepter ? Quelle est votre part de responsabilité dans le geste de Paul, dans votre propre vie, dans cette mécanique infernale à laquelle on participe tous ? »
Un très beau film où la forme cinématographique est en parfaite adéquation avec la force du sujet, le choix des acteurs et les partis pris techniques.
Les Hommes libres

d’Ismaël Ferroukhi
France, 1h39, 2010.
Festival de Cannes 2011, séance spéciale.
Sortie en France le 28 septembre 2011.
avec Tahar Rahim, Michael Lonsdale.
Paris 1942. Les hommes libres sont ceux qui prennent leur destin en main pour changer la société dans laquelle ils vivent. Tout le monde peut participer, au-delà des divergences religieuses ou culturelles.
Si on a vu beaucoup de films sur la Seconde guerre mondiale en France, celui-ci en aborde un aspect tout à fait nouveau. Il évoque cette communauté de travailleurs immigrés, musulmans et en situation très précaire qui, au-delà de leurs différences, ont sauvé des juifs.
En 1942, la France est occupée par les Allemands et l’Algérie par les Français. De nombreux travailleurs immigrés sont ouvriers dans les usines de la région parisienne. Ils sont majoritairement Kabyles, musulmans et souvent analphabètes. Sur le territoire de la métropole, ils ne sont ni Français ni étrangers. Un statut d’hommes « invisibles ». Mais au contact de leurs camarades de travail, ils vont découvrir le syndicalisme, l’organisation politique et les techniques de résistance, tout en apprenant à lire et à écrire. Si pour certains d’eux, cette guerre n’était « pas la leur », d’autres ont rejoint la Résistance et d’autres encore ont payé de leur vie leurs actions.
Basé sur des fais réels et écrit avec l’aide de l’historien Benjamin Stora, Les Hommes libres se déroule essentiellement à la grande mosquée de Paris. Son recteur, Si Kaddour Ben Ghabrit, profite de ses bonnes relations avec le gouvernement de Vichy et l’occupant allemand pour aider des indépendantistes algériens et cacher des juifs. Autour de lui, tout une galerie de personnages. Younes, un jeune homme sans scrupule et sans morale, fait du marché noir et collabore avec la police avant de prendre peu à peu conscience des véritables enjeux de cette époque. Salim Hallali est chanteur et ne vit que pour son art mais, bien que de langue et de culture arabes, il est juif. Et autour d’eux, ceux qui préparent déjà la guerre d’Algérie, ceux qui vivent dans la misère des bidonvilles, les traitres et les martyrs.
Ismaël Ferroukhi, réalisateur français d’origine marocaine, a privilégié la rigueur historique au tourbillon de la fiction dramatique. Très respectueux de son sujet, le film manque parfois un peu de souffle et l’émotion est tenue à distance. Mais c’est un film nécessaire où les acteurs ont été choisi avec soin. Le personnage de Younes, interprété par Tahar Rahim, décrit avec subtilité cet éveil à une conscience politique et sociale, un parcours toujours d’actualité dans notre époque où l’intolérance semble parfois trop présente. Pour les mêmes raisons, on apprécie cette vision d’un islam généreux qui accepte les non-religieux, les artistes et les contestataires dans ses rangs. Bien évidemment, Michael Lonsdale est parfait en recteur de la mosquée de Paris !
la 8ème Biennale d’Art Sacré Actuel à l’espace St Clair à Brignais
L’espace St Clair de Brignais (à côté de l’église) accueille du 8 octobre au 22 octobre, une trentaine d’oeuvres inédites d’artistes de la 8ème Biennale d’Art Sacré Actuel
Sens interdit
Les Célestins ouvrent bientôt leurs portes du 21 octobre au 9 novembre. la dimension internationale des théâtres résistants en quelque sorte un Théâtre des Nations en liberté ,sans interdit .
aux Subsistances : UNE SAISON EN ENFER

Le Laboratoire international de création artistique des « Subsistances » nous propose actuellement et jusqu’au 24 septembre :
Z .Je me crois en enfer donc j’y suis
et affiche en même temps , en quadrichromie le portrait d’Arthur Rimbaud, ne laissant pas de doute sur l’origine de la « performance » : « Une saison en enfer », dont le titre de la prestation est extrait.
Quelle bonne idée de permettre et d’accueillir en résidence pour la création un trio d’artistes issus de cultures éclatées :Lukas Hemleb, metteur en scéne, Ned Rothenberg, musicien New Yorkais, et Tadashi Kawamata ,plasticien Japonais . Les « Subsistances » répondent bien ainsi à leur vocation , qu’il n’y a pas si longtemps, on appelait :théâtre d’essai , et où l’an dernier un «Hamlet » époustouflant avait été montré .
Le texte , incandescent , brûlant même, en un mot « fulgurant » est bien un texte à dire, à proférer, et plusieurs comédiens s’y sont déjà « essayés » , reste à savoir si la musique du texte, véritable révolution de l’écriture poétique, et l’imaginaire ,que sollicite le poète écorché vif, devenu voyant d’un monde où il nous entraine de façon violente, peuvent être servis par une « mise en scène ».
C’est le pari de ce spectacle, où le texte, fait de morceaux choisis, est éclaté entre trois comédiens, dont le programme nous indique qu’ils évoquent Verlaine et l’entourage de Rimbaud. Déconstruction voulue, dont les créateurs voudraient faire apparaître une nouvelle synthèse , comme on parle de musique synthétique.
Deux musiciens , aux instruments associant une flûte japonaise de la tradition japonaise, le « daxophone »,emprunté à la panoplie de la musique expérimentale, guitare et clarinette s’emploient à composer un contre point musical ,en même temps que les comédiens évoluent sur un praticable en bois brut en forme de Z,(que l’on pourrait facilement imaginer exposé à la Biennale),allant de déambulations en glissades, d’apparitions en disparitions, dont ni le sens, ni l’esthétique n’emportent la conviction de leur nécessité, mais comme nous y invite Rimbaud à la fin du texte, « il faut être moderne »,soit
Restent l’universalité de la plainte existentielle, inscrite dans la chair de l’homme, projeté entre le ciel et l’enfer, la soif inextinguible, la faim insatiable, l’appel du désert, la révolte, la tentation du blasphème , inspiré par la souffrance à être en état de manque. Cette quête , cette « gourmandise de Dieu »,qui tout en niant son existence ne peut s’empêcher de l’interpeller, de l’apostropher est au cœur de cette saison, morceau de vie ,en partance pour un ailleurs ,un silence après le terrible orage des mots, un silence qui est encore de Rimbaud. Peut-on chercher avec tant de douleur ce que l’on n’a pas déjà un peu trouvé ?
Artaud, Rimbaudet puis Claudel, avec l’Annoncier, au début du Soulier de Satin : « Ecoutez bien, ne toussez pas, et essayez de comprendre un peu .C’est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau ».Le spectacle qui nous est proposé nous donne-t-il à écouter à défaut de tout comprendre ?
Hugues Rousset
Le Souffle d’Etty au théâtre des Carmes
La Compagnie Le Puits propose, dans le cadre de la 8ème Biennale d’Arts Sacrés Actuel « Le souffle d’Etty » d’après les écrits d’Etty Hillesum »
la 8ème Biennale d’Art Sacré Actuel à l’Ecole La Mache
En marge de la Biennale d’Art Contemporain, il existe une autre Biennale, celle de de l’Art Sacré Actuel…. pour sa 8ème édition la BASA (Biennale d’Art Sacré Actuel du 23 septembre au 17 décembre Confluences Polycarpe 25 rue René Leynaud LYON1er ) a décidé de proposer 3 expositions « hors les murs » afin d’offrir plus d’occasion de découvrir des œuvres inédites de certains des artistes sélectionnés pour cette édition.


