Force poétique et puissance prophétique pour le texte « La puissance spirituelle de la matière » de Pierre Teilhard de Chardin. Iissu du spectacle : « Matière » il sera proposé dans le cadre des 16èmes soirées d’été au château de Machy du 24 juin au 6 juillet à 21 heures (relâche les 27, 28 Juin et 4 juillet)
Le Chat du rabbin

de Joann Sfar et Antoine Delesvaux
France/Autriche, 2009, 1h40
Sortie en France le 1 juin 2011.
film d’animation.
Chronique chaleureuse de la vie quotidienne à Alger dans les années 1920, ce film d’animation sait aussi trouver le ton juste et joyeux pour parler de théologie et d’aventures exotiques.
Publié chez Dargaud à partir de 2002, la bande dessinée de Joann Sfar a connu aussitôt un grand succès. Questionnement théologique sur le judaïsme, mais aussi sur le fait religieux et sur le vivre ensemble au-delà des différences culturelles, Le Chat du rabbin et son auteur sont vite entrés dans les écoles et collèges. Joann Sfar dit que c’est cette confrontation avec le jeune public qui l’a poussé à faire un film d’animation.
Condensé de plusieurs épisodes, le film a pour personnage principal le rabbin Abraham Sfar. Il vit à Alger dans les années 1920, avec sa fille Zlabya et leur chat, qui n’a pas de nom et que tout le quartier appelle « le chat du rabbin ». C’est le chat, trouvant soudain l’usage de la parole et voulant se convertir au judaïsme, qui pose les épineuses questions théologiques à un brave rabbin dépassé par les événements. Autour d’eux, un imam musulman, des catholiques colonisateurs, des russes exaltés, des fanatiques de tous bords.
Baigné dans les couleurs lumineuses de la Méditerranée et par la tolérance généreuse des personnages, le spectateur est emporté dans un grand élan humaniste dont il ne peut ressortir que meilleur. Mais Le Chat du rabbin ne tombe pourtant pas dans un monde factice où ne règnent que la gentillesse et le bon sens. Avec humour, le racisme, l’antisémitisme, la bêtise et l’extrémisme sont mis en scène, à leur juste place. On apprécie le naturel avec lequel les personnages y font face, sans violence outrancière et avec intelligence.
Bien qu’il s’agisse d’un film d’animation, c’est avec gourmandise que Joann Sfar parle des comédiens. Les réalisateurs se sont appliqués à faire bouger les personnages comme des acteurs et ainsi Zlabya a les rondeurs féminines d’Hafsia Herzi, le rabbin la démarche et la bonhommie de Maurice Bénichou. Un soin particulier a été apporté aux voix, avec François Morel pour le chat, Fellag pour le cheik Sfar et Marguerite Abouet (auteur de la bande dessinée Aya de Yopougon aux éditions Gallimard) est l’Africaine rencontrée en chemin. Au passage, on peut souligner que c’est une actrice d’origine musulmane qui donne sa voix et sa silhouette à une fille de rabbin, un acteur européen, Mathieu Amalric la sienne à un prince arabe. Exercice naturel pour de véritables comédiens et une pierre de plus à l’élaboration du message universel auquel s’attachent les réalisateurs Joann Sfar et Antoine Delevaux.
Le Chat du rabbin est un film pour tout public, à partir de 8 ans.
Magali Van Reeth
Sous le soleil Vert
Le Festival D’art et D’air et les Dialogues en humanité organisent un pré lancement de l’événement, le Jeudi 30 Juin à partir de 19h au Ciné Duchère.
Dialogues en humanité
Au cœur du Parc de la Tête d’Or, du 1er au 3 juillet 2011
de 11h a 22h, les Dialogues sous les arbres offrent l’occasion de s’interroger de façon conviviale et ouverte sur les innombrables questions liées a l’humain.
Le chemin solitaire d’Arthur Schnitzler
Du 31 mai au 4 juin, retour du groupe flamand Tg Stan au théâtre du Point du Jour !
4ème exposition « Toiles d’âme »
Béatrice Mollichon propose une évocation picturale du thème biblique de la création.
Franz LISZT : oeuvre religieuse

Dans le cadre de l’année LISZT, à la Bibliothèque Municipale de Lyon La Part-Dieu, Hélène Décis-Lartigau présente l’oeuvre religieuse de Franz LISZT.
ce 27 mai 2011 de 18:30 à 20:00
voir le site de la Bibliothèque de La Part-Dieu
Cannes, prix oecuménique 2011

FESTIVAL DE CANNES 2011
Le Jury oecuménique 2011 attribue son prix au film :
de Paolo Sorrentino
France, Italie, Irlande, 2011
A travers Cheyenne, rockstar déchue et douloureuse, Paolo SORRENTINO donne à suivre
le voyage intérieur et l’odyssée d’un homme à la recherche de ses racines juives, de la
maturité, de la réconciliation et de l’espérance. Drame classique d’une grande richesse et
d’une esthétique recherchée, le film ouvre avec grâce des pistes de réflexion graves et
profondes.
Et deux mentions spéciales aux films :
Le Havre de Aki Kaurismà¤ki
Finlande, France, 2011
Une ode à l’espérance, à la solidarité, à la fraternité : par une réalisation très élaborée, Aki KAURISMà„KI nous fait entrer dans un monde qu’il transfigure par la magie des couleurs, l’humour des dialogues, l’humanité des personnages – « le sermon sur la montagne » en filigrane.
Et maintenant on va où ? de Nadine Labaki
France, 2011
Les habitantes d’un petit village isolé sont prêtes à tout pour préserver la paix entre les deux communautés qui y cohabitent. Avec beaucoup de finesse et de tact, Nadine
LABAKI réussit une fable poétique en équilibre délicat entre comédie et tragédie,
suscitant une émotion tournée vers l’espoir.
Le Jury 2011 était composé de :
Daniel GRIVEL, Président, Suisse Christiane HOFMANN, France
Mikaël MOGREN, Suède Martàn E. BERNAL ALONSO, Argentine, Françoise LODS, France et Gianluca ARNONE, Italie
Voir le site du Jury oecuménique avec toutes les photos de la remise des prix
Le Gamin au vélo

de Jean-Pierre et Luc Dardenne
Belgique/France/Italie, 2010, 1h27
Sélection officielle, Festival de Cannes 2011
Sortie en France le 18 mai 2011.
avec Cécile de France, Thomas Doret, Jérémie Regnier.
Pour un enfant, un vélo c’est le début de l’autonomie, du parcours qu’on fait seul, en décidant du rythme et de la vitesse. Dans ce film, ce n’est plus un jeu, mais une course effrénée pour trouver un peu d’affection, pour combler une absence.
Les frères Dardenne sont des habitués de longue date du Festival de Cannes, leurs films étant toujours en compétition, bien qu’ils soient à l’opposé des clichés cannois. Leur cinéma parle des gens simples, de ceux qu’on voit à peine dans la vraie vie, les marginaux, les délaissés du système capitaliste, les petits, qui vivent à l’ombre de la gloire et de l’argent. Grâce à la caméra des Dardenne, ces vies simples et ordinaires deviennent sources de fiction. La dramaturgie du cinéma est au seul service de ces humbles personnages dont la vie est filmée comme une aventure unique. Les Dardenne ont reçu deux fois la Palme d’or, pour Rosetta en 1999 et pour L’Enfant en 2005 : preuve que l’œuvre artistique et l’élan humaniste ont bien droit de cité à Cannes. 
Les réalisateurs tournent toujours là où ils vivent, dans une Belgique laminée par le chômage et ignorée des touristes, et généralement avec des acteurs inconnus du grand public. Envers qui ils restent fidèles. Olivier Gourmet et Jérémie Regnier (qui avait 15 ans dans La Promesse) ont grandi avec eux. Cette fois, ils ont fait appel à une vraie vedette, leur compatriote Cécile de France. Comme elle le dit elle-même : « Côté coiffure, maquillage et costume, c’était version minimum, ce qui m’allait très bien ! »
Le Gamin au vélo est l’histoire d’un enfant abandonné par son père. Placé dans un foyer, Cyril se rebelle contre cette vie et met toute son énergie pour combler cette absence. Comme un insecte affolé par la lumière se cogne aux parois de verre de la lampe, il se heurte aux lois du monde, se trompe de cible et, croyant faire mal aux autres, ne blesse que lui-même.
Le vélo, comme autrefois la mobylette de La Promesse, comme la poussette de L’Enfant, est à la fois le véhicule et le symbole du déplacement à l’image et dans la vie. Le vélo de Cyril le rattache à son père et lui permet de trouver Samantha, qui veut bien l’aider. Avec ce vélo, il va et vient, traversant l’écran en tous sens, affolé par l’enchainement des événements dont il est à la fois le protagoniste et la victime.
Le jeune Thomas Doret est confondant de naturel dans le rôle de Cyril, en guerre contre son absence de père, pour une affection qu’il ne sait plus voir à force d’en avoir été privé. Et Cécile de France est toujours juste dans son rapport avec cet enfant qui lui est tombé dessus. Le film n’explique pas tout, ni pourquoi elle le recueille avec tant de conviction, ni comment Cyril est arrivé au centre. Le Gamin au vélo prend les acteurs et les spectateurs là où ils sont, dans le présent, dans une histoire immédiate qui se déroule entièrement sous nos yeux, laissant à chacun le soi de combler les vides en fonction de son histoire.
Un cinéma délicat, fluide, d’une simplicité touchante où l’émotion affleure sans outrance.
Magali Van Reeth
Signis
« A vous de lire! »
Du 26 au 29 mai prochain, le Centre national du livre organise « A vous de lire ! », la manifestation nationale de promotion du livre et de la lecture.


