Critique théâtre – UN TARTUFFE A L’AIR DU TEMPS AU THEATRE DE LA RENAISSANCE

UN TARTUFFE A L’AIR DU TEMPS AU THEATRE DE LA RENAISSANCE

Ou encore : « Tartuffe nouvelle ère » ,comme le présente le metteur en scène :Eric Massé, qui dans la note d’intention souligne l’importance du travail d’enquête préalable auprès de diverses communautés de « croyants » et dans la continuité de son intérêt pour les différentes appartenances civiles et religieuses Tartuffe en offre la caricature de tous les excès(on dirait volontiers de toutes les radicalisations) avec un leader charismatique, une manipulation par la parole, une désorganisation de la famille, avec un pouvoir culpabilisant et au pire terroriste qui se traduit par la violence dans le domaine financier (détournement des biens ),sexuel harcèlement),social (mariage forcé)etcEn réalité ,ce que dénonce Molière ,ce n’est pas la dévotion ,mais la fausse dévotion, l’hypocrisie, l’imposture, fidèle en cela à  son souci de poursuivre tous les « faussaires » dans la société (faux savants, faux médecins ,faux gentilshommes) .Il ne faut pas s’y tromper : la religion n’est pas la véritable cible ,mais bien le fanatisme et l’hypocrisie.
La pièce de Tartuffe est celle qui a été le plus souvent représentée à  la Comédie Française et ces dernières années elle a tenté les plus grands metteurs en scène, parce qu’elle laisse place à  toutes les transpositions (la religion comme simple prétexte) et à  toutes les interprétations du rôle principal de Tartuffe :vrai mystique tourmenté comme le proposait Louis Jouvet, faux dévot à  l’extrême tel qu’il pouvait paraitre sincère comme Fernand Ledoux ,véritable escroc ,agissant par la séduction , comme dans les mises en scène de Luc Bondy .Mais quel est donc le personnage principal, n’est-ce pas aussi Orgon, homme fragile par sa recherche d’un sens à  sa vie, rôle que jouait Molière ? N’est-ce pas aussi une pièce sur la famille, famille en crise, ? sur la politique, ? sur les liens de séduction entre Orgon et Tartuffe, comme le suggérait Roger Planchon ? Tartuffe a aussi en 1995 été présentée à  Avignon par Ariane Mnouchkine comme illustration directe des dangers du fanatisme en matière d’Islam, comme Molière plus de trois siècles plus tôt de la religion catholique.
On attendait ainsi avec impatience le spectacle de la Compagnie des Lumas, animée par Eric Massé et Angélique Clarand dont les créations dans la région entre Saint-Etienne, Lyon et Valence ont déjà  été remarquées. Le résultat est à  la mesure des espérances : un Tartuffe tout en équilibre justement entre les différentes interprétations possibles, sans parti pris en dehors de la dénonciation du fanatisme et de la violence, et en ne sacrifiant à  la démonstration aucun des grands moments de théâtre ,par exemple le dépit amoureux entre Valère et Marianne, le faux marivaudage entre Tartuffe et Elmire, et l’excellente prestation de Dorine tout au long de la pièce ,personnage moliéresque s’il en est, face à  un Orgon très autoritaire. Un Tartuffe tout en nuances, tout en retenue et en intelligence du texte dans ses différentes attitudes au cours de la pièce, y compris suprême bonheur en Monsieur Loyal. Toute cette réussite tient probablement à  une excellente direction d’acteurs par Eric Massé, tandis que l’on perçoit mal tout le travail initial de préparation avec les enquêtes, et les intentions initiales affichées (mais peut-être est-ce là  un signe de réussite) Au total un Tartuffe très classique au meilleur sens du terme et parfaitement contemporain, mais n’est-ce pas justement la définition des classiques de passer les siècles avec le même bonheur pour le public ? Trois cent cinquante ans plus tard cette longue pièce en vers n’a pas pris une rideavec un décor réduit à  l’essentiel (une table, une couverture et des chaises bien sûr) comme sur les tréteaux du Palais Royal (ou par Vitez), avec un clin d’œil peut-être vers Planchon pour le tableau creusé d’une porte qui surplombe la scène avec des espaces latéraux plus originaux à  découvrir et comme un hommage à  Saint-Etienne et à  son Ecole de théâtre, en hauteur, une évocation de la « salle des pendus » (casques et vêtements des mineurs suspendus à  l’entrée de la mine)
Tartuffe nouvel ère ou un Tartuffe à  l’air du temps ? En tout cas un Tartuffe d’actualité, qu’il faut voir absolument et qui devrait selon le vœu de la troupe qui le présente entrainer commentaires et débat car si c’est bien une comédie ,elle suscite tragiquement la réflexion

Hugues ROUSSET

« Regards œcuméniques »- Juste la fin du monde – de Xavier Dolan

« Regards œcuméniques »

« Regards œcuméniques », telle est l’appellation que nous avons choisie pour la 5ème édition de notre Cycle de Films ayant reçu un Prix remis par les Jurys Œcuméniques, lors des grands festivals internationaux de cinéma.
Cette proposition de 4 films trouve sa place dans le cadre et dans les suites de la « Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens ». La programmation est établie par une équipe regroupant des représentantes et représentants du Grand Temple de l’Eglise Protestante Unie de France, et du Sanctuaire Catholique Saint-Bonaventure.
Les films sont projetés le mardi, à  20 h, au cinéma Bellecombe, 61 rue d’Inkermann, Lyon 6ème. Parking dans la cour. Chaque film fait l’objet d’une présentation, et la projection est suivie d’une discussion.
Voici le programme 2017, avec la date de projection, un court résumé du film, et le nom de l’animatrice ou de l’animateur de la séance.
1 – Mardi 24 janvier 2017 à  20 h.
Taklub – Un film de Brillante Mendoza – Philippines – 2015 – Prix Œcuménique (Mention spéciale) – Festival de Cannes 2015. Film présenté par Grégory Tudella.
Entre fiction et documentaire, les Philippines, après le passage du typhon Haiyan, à  l’origine de 4000 morts. Les rescapés essaient de retrouver une vie normale. Les difficultés s’accumulent. Quelques moments de joie expriment l’espoir d’un avenir enfin apaisé.
2 – Mardi 31 janvier 2017 à  20 h.
Ida – Un film de Pawel Pawlikowski – Pologne – 2013 – Prix Œcuménique – Festival de Varsovie 2013. Film présenté par Nicole Vercueil.
Ida, jeune novice polonaise, s’apprête à  prononcer ses vœux de religieuse. Sa tante lui révèle un lourd secret, qui va la conduire à  s’interroger sur la suite de son engagement, sur la suite de sa vie de femme.
3 – Mardi 7 février 2017 à  20 h.
Juste la fin du monde – Un film de Xavier Dolan – Canada – 2016 – Prix Œcuménique – Festival de Cannes 2016. Film présenté par Cindy Mollaret.

Louis retrouve sa mère, sa sœur, son frère, sa belle-sœur, après une très longue absence, une très longue séparation. Parviendra-t-il à  faire entendre le but de sa visite, à  savoir, l’annonce de sa mort prochaine ?
4 – Mardi 14 février 2017 à  20 h.
Fuocoammare, par-delà  Lampedusa – Un film de Gianfranco Rosi – Italie – 2016 – Prix Œcuménique – Festival de Berlin 2016. Film présenté par Flavien Poncet.
Sur l’île de Lampedusa, chacun vaque à  ses occupations. Les enfants jouent, le temps s’écoule….. Au large, les réfugiés africains s’entassent sur de dangereuses embarcations. Certains vivront, récupérés par les sauveteurs. D’autres vont mourir.

« Regards œcuméniques »- Fuocoammare, par-delà  Lampedusa – de Gianfranco Rosi

« Regards œcuméniques »

« Regards œcuméniques », telle est l’appellation que nous avons choisie pour la 5ème édition de notre Cycle de Films ayant reçu un Prix remis par les Jurys Œcuméniques, lors des grands festivals internationaux de cinéma.
Cette proposition de 4 films trouve sa place dans le cadre et dans les suites de la « Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens ». La programmation est établie par une équipe regroupant des représentantes et représentants du Grand Temple de l’Eglise Protestante Unie de France, et du Sanctuaire Catholique Saint-Bonaventure.
Les films sont projetés le mardi, à  20 h, au cinéma Bellecombe, 61 rue d’Inkermann, Lyon 6ème. Parking dans la cour. Chaque film fait l’objet d’une présentation, et la projection est suivie d’une discussion.
Voici le programme 2017, avec la date de projection, un court résumé du film, et le nom de l’animatrice ou de l’animateur de la séance.
1 – Mardi 24 janvier 2017 à  20 h.
Taklub – Un film de Brillante Mendoza – Philippines – 2015 – Prix Œcuménique (Mention spéciale) – Festival de Cannes 2015. Film présenté par Grégory Tudella.
Entre fiction et documentaire, les Philippines, après le passage du typhon Haiyan, à  l’origine de 4000 morts. Les rescapés essaient de retrouver une vie normale. Les difficultés s’accumulent. Quelques moments de joie expriment l’espoir d’un avenir enfin apaisé.
2 – Mardi 31 janvier 2017 à  20 h.
Ida – Un film de Pawel Pawlikowski – Pologne – 2013 – Prix Œcuménique – Festival de Varsovie 2013. Film présenté par Nicole Vercueil.
Ida, jeune novice polonaise, s’apprête à  prononcer ses vœux de religieuse. Sa tante lui révèle un lourd secret, qui va la conduire à  s’interroger sur la suite de son engagement, sur la suite de sa vie de femme.
3 – Mardi 7 février 2017 à  20 h.
Juste la fin du monde – Un film de Xavier Dolan – Canada – 2016 – Prix Œcuménique – Festival de Cannes 2016. Film présenté par Cindy Mollaret.

Louis retrouve sa mère, sa sœur, son frère, sa belle-sœur, après une très longue absence, une très longue séparation. Parviendra-t-il à  faire entendre le but de sa visite, à  savoir, l’annonce de sa mort prochaine ?
4 – Mardi 14 février 2017 à  20 h.
Fuocoammare, par-delà  Lampedusa – Un film de Gianfranco Rosi – Italie – 2016 – Prix Œcuménique – Festival de Berlin 2016. Film présenté par Flavien Poncet.
Sur l’île de Lampedusa, chacun vaque à  ses occupations. Les enfants jouent, le temps s’écoule….. Au large, les réfugiés africains s’entassent sur de dangereuses embarcations. Certains vivront, récupérés par les sauveteurs. D’autres vont mourir.

« Regards œcuméniques »- Ida de Pawel Pawlikowski

« Regards œcuméniques »

« Regards œcuméniques », telle est l’appellation que nous avons choisie pour la 5ème édition de notre Cycle de Films ayant reçu un Prix remis par les Jurys Œcuméniques, lors des grands festivals internationaux de cinéma.
Cette proposition de 4 films trouve sa place dans le cadre et dans les suites de la « Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens ». La programmation est établie par une équipe regroupant des représentantes et représentants du Grand Temple de l’Eglise Protestante Unie de France, et du Sanctuaire Catholique Saint-Bonaventure.
Les films sont projetés le mardi, à  20 h, au cinéma Bellecombe, 61 rue d’Inkermann, Lyon 6ème. Parking dans la cour. Chaque film fait l’objet d’une présentation, et la projection est suivie d’une discussion.
Voici le programme 2017, avec la date de projection, un court résumé du film, et le nom de l’animatrice ou de l’animateur de la séance.
1 – Mardi 24 janvier 2017 à  20 h.
Taklub – Un film de Brillante Mendoza – Philippines – 2015 – Prix Œcuménique (Mention spéciale) – Festival de Cannes 2015. Film présenté par Grégory Tudella.
Entre fiction et documentaire, les Philippines, après le passage du typhon Haiyan, à  l’origine de 4000 morts. Les rescapés essaient de retrouver une vie normale. Les difficultés s’accumulent. Quelques moments de joie expriment l’espoir d’un avenir enfin apaisé.
2 – Mardi 31 janvier 2017 à  20 h.
Ida – Un film de Pawel Pawlikowski – Pologne – 2013 – Prix Œcuménique – Festival de Varsovie 2013. Film présenté par Nicole Vercueil.
Ida, jeune novice polonaise, s’apprête à  prononcer ses vœux de religieuse. Sa tante lui révèle un lourd secret, qui va la conduire à  s’interroger sur la suite de son engagement, sur la suite de sa vie de femme.
3 – Mardi 7 février 2017 à  20 h.
Juste la fin du monde – Un film de Xavier Dolan – Canada – 2016 – Prix Œcuménique – Festival de Cannes 2016. Film présenté par Cindy Mollaret.

Louis retrouve sa mère, sa sœur, son frère, sa belle-sœur, après une très longue absence, une très longue séparation. Parviendra-t-il à  faire entendre le but de sa visite, à  savoir, l’annonce de sa mort prochaine ?
4 – Mardi 14 février 2017 à  20 h.
Fuocoammare, par-delà  Lampedusa – Un film de Gianfranco Rosi – Italie – 2016 – Prix Œcuménique – Festival de Berlin 2016. Film présenté par Flavien Poncet.
Sur l’île de Lampedusa, chacun vaque à  ses occupations. Les enfants jouent, le temps s’écoule….. Au large, les réfugiés africains s’entassent sur de dangereuses embarcations. Certains vivront, récupérés par les sauveteurs. D’autres vont mourir.

« Regards œcuméniques »-TAKLUB

« Regards œcuméniques »

« Regards œcuméniques », telle est l’appellation que nous avons choisie pour la 5ème édition de notre Cycle de Films ayant reçu un Prix remis par les Jurys Œcuméniques, lors des grands festivals internationaux de cinéma.
Cette proposition de 4 films trouve sa place dans le cadre et dans les suites de la « Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens ». La programmation est établie par une équipe regroupant des représentantes et représentants du Grand Temple de l’Eglise Protestante Unie de France, et du Sanctuaire Catholique Saint-Bonaventure.
Les films sont projetés le mardi, à  20 h, au cinéma Bellecombe, 61 rue d’Inkermann, Lyon 6ème. Parking dans la cour. Chaque film fait l’objet d’une présentation, et la projection est suivie d’une discussion.
Voici le programme 2017, avec la date de projection, un court résumé du film, et le nom de l’animatrice ou de l’animateur de la séance.
1 – Mardi 24 janvier 2017 à  20 h.
Taklub – Un film de Brillante Mendoza – Philippines – 2015 – Prix Œcuménique (Mention spéciale) – Festival de Cannes 2015. Film présenté par Grégory Tudella.
Entre fiction et documentaire, les Philippines, après le passage du typhon Haiyan, à  l’origine de 4000 morts. Les rescapés essaient de retrouver une vie normale. Les difficultés s’accumulent. Quelques moments de joie expriment l’espoir d’un avenir enfin apaisé.
2 – Mardi 31 janvier 2017 à  20 h.
Ida – Un film de Pawel Pawlikowski – Pologne – 2013 – Prix Œcuménique – Festival de Varsovie 2013. Film présenté par Nicole Vercueil.
Ida, jeune novice polonaise, s’apprête à  prononcer ses vœux de religieuse. Sa tante lui révèle un lourd secret, qui va la conduire à  s’interroger sur la suite de son engagement, sur la suite de sa vie de femme.
3 – Mardi 7 février 2017 à  20 h.
Juste la fin du monde – Un film de Xavier Dolan – Canada – 2016 – Prix Œcuménique – Festival de Cannes 2016. Film présenté par Cindy Mollaret.
Louis retrouve sa mère, sa sœur, son frère, sa belle-sœur, après une très longue absence, une très longue séparation. Parviendra-t-il à  faire entendre le but de sa visite, à  savoir, l’annonce de sa mort prochaine ?
4 – Mardi 14 février 2017 à  20 h.
Fuocoammare, par-delà  Lampedusa – Un film de Gianfranco Rosi – Italie – 2016 – Prix Œcuménique – Festival de Berlin 2016. Film présenté par Flavien Poncet.
Sur l’île de Lampedusa, chacun vaque à  ses occupations. Les enfants jouent, le temps s’écoule….. Au large, les réfugiés africains s’entassent sur de dangereuses embarcations. Certains vivront, récupérés par les sauveteurs. D’autres vont mourir.

Cinéma et Spiritualité-L’Ami : « François d’Assise et ses frères » de Renaud Fély, « Paterson » de Jim Jarmusch et « Manchester by the sea » de Kenneth Lonergan

Cinéma et Spiritualité

La prochaine rencontre de « Cinéma et Spiritualité » se déroulera le lundi 9 janvier 2017, à  partir de 20 h 15

Après une quinzaine de minutes, « coup de cœur », consacrées à  « Paterson » de Jim Jarmusch, nous débattrons à  propos des deux films suivants : « L’Ami : François d’Assise et ses frères » de Renaud Fély et Arnaud Louvet , et « Manchester by the sea » de Kenneth Lonergan.

Maison Paroissiale du Sacré-Cœur,
89 rue Antoine Charial,
Lyon 3ème.
Parking dans la cour.
cinema.et.spiritualite@orange.fr
06 89 05 38 94

Cinéma et Spiritualité – « Une vie » de Stéphane Brizé et et « Baccalauréat » de Cristian Mungiu

Cinéma et Spiritualité

La prochaine rencontre de « Cinéma et Spiritualité », est programmée le lundi 12 décembre à  20 h 30, toujours au presbytère de l’église du Sacré-Cœur, 89 rue Antoine Charial, Lyon 3ème. Parking dans la cour.

La discussion et les échanges porteront sur deux films : « Une Vie » de Stéphane Brizé (Sortie le 23 novembre 2016), et « Baccalauréat » de Cristian Mungiu (Sortie le 7 décembre 2016).

Manuel de libération d’Alexander Kuznetsov

Manuel de libération
Un film d’Alexander Kuznetsov
Russie – France – 2016

Le titre du documentaire du réalisateur russe Alexander Kuznetsov, documentaire largement financé par la France, sonne, à  une première lecture, comme le titre d’un manifeste révolutionnaire, écrit par quelque guérillero luttant pour libérer son pays d’une sombre dictature. Il n’en est rien ! La libération dont il est question ici, est celle à  laquelle aspirent deux jeunes femmes russes, Yulia et Katia, retenues en Sibérie dans un Institut psychopédagogique depuis de nombreuses années, après avoir connu d’autres nombreuses années en orphelinat. Kuznetsov nous décrit le lourd parcours judiciaire que doivent suivre Yulia et Katia pour faire reconnaître leur « capacité civile », qui leur permettra de quitter l’institution qui les héberge, et de profiter, enfin, d’une véritable vie de liberté, la vie dont elles rêvent depuis si longtemps. Ce rêve, plusieurs « pensionnaires » de l’Institut, l’expriment dès le début du film. Mais Kuznetsov les filme dans un cadre extrêmement resserré, comme si ces rêves portaient déjà  en eux une totale illusion. Les scènes de prétoire, d’une froideur bureaucratique absolument effrayante, succèdent à  celles qui se déroulent dans l’Institut, où l’on rencontre alors chaleur humaine et empathie, au travers des échanges qui s’installent entre le personnel, les soignants et les « interné(e)s ». La fin du film nous apprend que les demandes de chacune des jeunes femmes connaissent une issue très différente. Katia se voir refuser l’obtention de sa « capacité civile ». Penchée à  la fenêtre, elle découvre un paysage totalement baigné dans le vert : le vert des arbres, le verre des plantes du jardin, le vert des pelouses, mais surtout le vert de tous les toits des pavillons de l’Institut. Du vert, finalement, comme un grand cri d’espérance. Yulia, quant à  elle, quitte enfin l’Institut, muni du précieux certificat de « capacité civile ». La scène se déroule de nuit. On aperçoit furtivement le visage de la jeune femme au travers de la fenêtre du train qui l’emmène, dans une obscurité complète, vers on ne sait quelle destination, vers on ne sait quelle liberté. Vous avez dit, libération ? Tout cela se déroule en Russie, de nos jours. En Russie seulement ??

Pierre QUELIN.

Cinéma et spiritualité

Cinéma et Spiritualité

Succédant au groupe Signis qui avait démarré en 2010, l’Association « Cinéma et Spiritualité », animée par Michèle Debidour, propose chaque mois, une rencontre-débat sur 2 nouveaux films en salles, et une fois par an, une Journée Cinéma. Plusieurs de ses membres participent à  des jurys œcuméniques dans les grands festivals, et écrivent des critiques sur le site de Signis et dans d’autres médias.

Prochain rendez-vous le lundi 14 novembre 2016 à  20 h 15, au presbytère de la Paroisse du Sacré Cœur, 89 rue Antoine Charial, Lyon 3ème.
Au programme, échanges sur « Moi, Daniel Blake » de Ken Loach, et « Le Client » d’Asghar Farhadi.

Contact : cinema.et.spiritualité@orange.fr