Une exposition au musée et dans la ville, avec la colonne Pascale à Saint-Bonaventure
Secrets des hommes, secrets des dieux

Conseiller pour le film Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, Henry Quinson revient sur cette aventure cinématographique inclassable dont l’écho mystérieux a maintenant dépassé nos frontières.
Secret des hommes, secret des dieux
Pourquoi ce film sur les moines de Tibhirine tués en Algérie en 1996 a-t-il eu une telle résonance au festival de Cannes 2010 (Grand prix du jury, prix œcuménique et prix de l’Education nationale) puis auprès d’un large public (plus de 3,2 millions de spectateurs en France), consacré par le César du meilleur film 2010 et lauréat du prix SIGNIS du meilleur film européen ?
Comment ce projet est-il né ? Quelles étaient les intentions du scénariste Etienne Comar et du réalisateur Xavier Beauvois ? Comment des acteurs comme Lambert Wilson et Michael Lonsdale sont-ils entrés dans leurs rôles ?
Henry Quinson a participé à toutes les étapes du film. Dans les coulisses, il a pu entrer dans le secret des dieux, qui révèle aussi le secret des hommes. Ce récit inédit, empreint d’humour et de sensibilité, est plus qu’un « making of » ou une simple analyse artistique.
Un film, c’est une cathédrale, œuvre collective d’êtres animés par l’Esprit. Quel est cet Esprit qui a bouleversé aussi bien les chrétiens proches de la vie monastique de Tibhirine que des athées épris d’humanisme et d’humanité ? Y-a-t-il là un message à entendre au seuil du IIIe millénaire, marqué par la sécularisation autant que par le choc des civilisations ?
Secret des hommes, secret des dieux, un livre d’Henry Quinson, avec une préface de Xavier Beauvois, le réalisateur du film Des Hommes et des dieux,
aux Presses de la Renaissance, sortie le 3 mars 2011
Pour aller sur le site d’Henry Quinson, [cliquez ici->http://henry.quinson.pagesperso-orange.fr/HenryQuinsonSecretdesHommesSecretdesDieux.html
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The Hunter (Le Chasseur)

de Rafi Pitts
Iran/Allemagne, 1h44, 2010.
Sélection officielle Berlin 2010.
Sortie en France le 16 février 2011.
avec Rafi Pitts, Mittra Hajjar, Saba Yaghoobi
Dans l’étouffement de la société iranienne actuelle, un homme cherche sa femme et sa fille. Comment envisager le quotidien lorsqu’on est sans cesse traqué ?
Sachant combien il est difficile de tourner un film en Iran, on appréciera de voir The Hunter (Le Chasseur), tourné en rusant avec l’administration et qui a finalement pu profiter du trouble apporté par les élections de 2009. Le film devait être terminé avant les élections mais le retard, dû à la censure, a permis de tenir compte des mouvements de révolte. Il n’y a pas d’image des manifestations mais le scénario les intègre comme un ressort dramatique.
Le film raconte le désarroi d’un homme qui trouve la maison vide lorsqu’il rentre du travail. Où ont disparu sa femme et sa fille avec qui il vivait en harmonie jusqu’alors ? Sa quête le mène devant un mur, mur de silence, de douleur et de colère où, ayant perdu ce qu’il lui permettait de vivre, il va se cogner, entre vengeance et désespoir.
Comme dans de nombreux films iraniens, les voitures et les autoroutes surchargées de Téhéran ont une place particulière. La voiture est souvent le seul espace privatif et sûr pour une population sous surveillance incessante : le pouvoir politique, les codes religieux, les voisins, la police. La voiture permet de se soustraire momentanément à cette oppression, quitte à partir très loin dans la forêt, comme le fait Ali, le personnage principal de cette histoire.
Quant aux autoroutes et aux embouteillages, ils sont une métaphore de la société iranienne actuelle. Un pays suffisamment riche et développé pour s’équiper d’infrastructures de communication performantes mais qui ne mènent qu’au chaos quotidien. Ali traverse le film en voiture, perdu entre les entrailles de la forêt et la jungle administrative, traquant les bêtes sauvages et finissant par tirer sur des policiers. 
The Hunter est un film taiseux, à l’image du personnage principal, mais où le son est très important et très explicite. Rafi Pitts, à la fois réalisateur et acteur, fait l’impasse sur les explications verbales pour permettre à tous les spectateurs d’entrer dans le cœur du film et de chercher, avec le personnage, des portes de sortie dans un espace aussi verrouillé politiquement. Au cœur de la forêt, noyée dans la brume, comme en ville la nuit, le désespoir est palpable, étouffant, sans issue possible.
Le personnage, traqué par la police, comme le réalisateur est traqué par la censure, s’évade par une dernière ruse. Pour Ali, le prix à payer est immense. Pour Rafi Pitts, comme pour de nombreux cinéastes qui vivent en Iran, il y va aussi de leur survie, dans un état qui ne laisse aucune liberté aux artistes.
Film noir et âpre, The Hunter (Le Chasseur) était en compétition officielle au Festival de Berlin 2010.
Magali Van Reeth
De Silence et d’amour
Du 24 février au 18 mars
Projection exceptionnelle jeudi 17 mars à 20h30 au cinéma Le Méliès à Caluire
Images du Verbe
L’Abbaye d’Aiguebelle à Montjoyer dans la Drôme, accueille les huiles de Marie BERGER du samedi 19 mars au dimanche 29 mai 2011
CheminS de Croix.
Concert spirituel – Exposition « CHEMIN DE CARÈMEÂ » DIMANCHE 13 MARS 2011 à 17 H à l’église Saint Joseph des Brotteaux 11 rue Masséna LYON 6e
Goudji, des mains d’or et de feu
Rétrospective des oeuvres de Goudji, des mains d’or et de feu, au Musée de Fourvière du 11 mars au 30 juin 2011
« Des objets de beauté, à la gloire de Dieu », c’est ainsi que Goudji conçoit sa création. Il réussit à renouveler le matériel liturgique tout en l’inscrivant dans l’Histoire et la Tradition. Par la simple pensée de faire du beau pour Dieu, avec des matériaux nobles.
« La présence chrétienne en terre d’Islam »
Deux rencontres avec Christophe Henning, journaliste pour la revue Le Pélerin
EXPOSITION RETROSPECTIVE FUSARO
Une grande exposition rétrospective FUSARO en ce moment et jusqu’au dimanche 27 février 2011, de 14 h à 18 h, dans les superbes salles d’exposition du domaine de Maison Forte, à Vourles
La Bella gente, les gens bien

d’Ivano de Matteo
Italie, 1h38, 2009.
Sortie en France le 16 février 2011.
avec Monica Guerritore, Antonio Catania, Victoria Larchenko.
Critique acerbe de la bourgeoisie italienne où des gens aisés, dans l’indolence estivale, veulent aider une jeune fille à changer de vie. Ou comment être quelqu’un de bien dans un monde complexe ?
La bombe en question est une très jeune femme, pauvre, belle et déjà mal partie, venant des pays de l’Est, bernée par le miroir aux alouettes de l’occident capitaliste et de l’argent facile. Une Cendrillon maltraitée qu’on a envie de recueillir, de protéger, de remettre sur de bons rails. Contre l’avis de son mari et de ses amis, Susanna va ouvrir la maison familiale à Najda. Patiemment, avec douceur et bonté, elle va la mettre en confiance, lui redonner de l’espérance. Jusqu’au jour où Susanna devra choisir entre sa protégée et sa propre famille, au bord de l’implosion.
Filmé de façon plutôt classique, avec de bons interprètes, La Bella gente vaut surtout par les questions qu’il pose et le constat terrible qu’il met en scène. Comment être quelqu’un de bien ? Par compassion, autant que par réflexe professionnel, Susanna veut aider Nadja. Pour Nadja ? Pas si sûr. Pas une fois, elle ne demande à la jeune fille ce qu’elle veut, ce dont elle a envie ou comment elle envisage son avenir. Et tout va de travers lorsque Nadja désire ce qui n’était pas prévu pour elle. La fin est forcément terrible. Najda retourne à son point de départ. Avec dans son sac, une belle somme d’argent. Comme une prostituée à la fin d’une transaction. A-t-elle perdu ou gagné quelque chose ? On ne le saura pas, pas plus qu’on ne saura ce qu’il fallait faire pour que ce soit bien
Une chose est sûre, en tant que spectateur, on est bouleversé par la violence des réactions de chacun, la lâcheté collective dès que la douce harmonie se fissure. Pire encore, dans ce sauve-qui-peut général, on n’a finalement rien à reprocher au couple d’amis de Susanna et d’Alfredo, eux qui n’ont pas voulu agir. Présentés en début de film comme une caricature de la « beaufitude », lui le parfait macho entrain de lustrer sa voiture, elle reine du shopping bronzant en bord de la piscine. Riches sans complexe et très égoïstes dans leur idéal, au final, eux n’auront blessé personne Un des aspects les plus amers du film !
Lorsque devant Ivano de Matteo, on évoque Théorême de Pasolini, où un jeune homme dynamite de l’intérieur une famille bourgeoise, il acquiesce et parle même de King Kong où une bête sauvage chez les gens civilisés provoque aussi d’énormes bouleversements Pourtant, le jeune réalisateur italien ne se veut pas cynique en dénonçant ainsi la compassion et les élans de solidarité de ses compatriotes (et de beaucoup d’autres). En nous renvoyant si durement à nos élans de générosité les plus spontanés, le film prend une dimension très politique. Lorsque l’ordre du monde est uniquement régit par le profit, que les lois du capitalisme sont plus fortes que celles des individus en société, il ne peut y avoir de solution individuelle pour construire un futur différent.
Ainsi, La Bella gente, dans la douce lumière de l’Italie, dans la rondeur indolente de ses personnages, nous alerte sur cette conscience collective qui doit primer sur l’acte individuel si on veut agir pour changer durablement le monde.
Magali Van Reeth


