BLANC d’Emmanuelle Marie

3ème mise en scène de LA SANS PAREILLE COMPAGNIE. (après La rêveuse d’Ostende adaptation de la nouvelle d’Eric-Emmanuel Schmitt et La Campagne de Martin Crimp présentées au Festival Off d’Avignon 2010).
BLANC d’Emmanuelle Marie traite les thèmes universels et intemporels de la mort d’un parent, des relations filiales et conflictuelles, de la façon dont on se raccroche au quotidien pour surmonter la souffrance

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Rabbit Hole

de John Cameron Mitchell

Etats-Unis, 2010, 1h32

Sortie en France le 13 avril 2011.

avec Nicole Kidman, Aaron Echkart, Milles Teller.

Après la mort de leur enfant, un couple vit les moments difficiles du chagrin et de la culpabilité. Un deuil filmé avec délicatesse et sans concession.

Le film est tiré d’une pièce de théâtre éponyme, Rabbit Hole de David Lindsay-Abaire, pièce créée en 2006 aux Etats-Unis et qui a connu un beau succès. Le titre fait référence au roman d’Alice aux pays des merveilles, lorsqu’elle entre dans un monde inconnu, étrange et fantastique en tombant dans le terrier du lapin (Rabbit Hole en anglais).

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Ce plongeon terrifiant, c’est celui que Becca et Howie ont l’impression de vivre depuis la mort accidentelle de leur fils de 4 ans. Pour eux, plus rien n’existe du monde d’avant et ils ne savent pas habiter celui qui s’ouvre devant eux. Leur maison est tout à  coup trop grande, leurs proches trop absents ou trop présents et ils ne savent plus se parler ni s’aimer.

Le film permet d’entrer complètement dans cette longue et douloureuse période de reconstruction. L’oubli n’existe pas mais on apprend peu à  peu à  vivre avec la souffrance et le manque. Enfermés dans leur douleur, Becca et Howie doivent pourtant affronter chaque jour qui se lève. Chacun trouve l’apaisement où il peut. La colère, les larmes mais aussi la tendresse et l’humour s’enchevêtrent dans une vie qui continue malgré leur peine.

Rabbit Hole fait aussi référence à  l’univers de la bande dessinée américaine, peuplé de supers héros pouvant intervenir, grâce à  leurs pouvoirs magiques, dans la vie des gens ordinaires. Ces héros, souvent masqués et déguisés, arrêtent les catastrophes ou sauvent la vie d’un innocent, quand tout semblait perdu. C’est l’inconcevable devenu réalité, comme pour Becca et Howie : la mort a été inconcevable et la vie le devient après elle, car les supers héros n’existent que dans les bandes dessinées et n’ont pas pu sauver leur fils.

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En évoquant ainsi la mort d’un enfant, le film soulève une question difficile dans nos sociétés contemporaines. Alors que l’espérance de vie est de plus en plus longue et que les taux de natalité sont de plus en plus bas, le décès d’un enfant – souvent unique – devient un scandale, une injustice insoutenable. Les progrès de la médecine et la stabilité des régimes politiques éloignent toujours un peu plus la mort de notre quotidien. Ceux qui la vivent de près et qui souvent, comme Becca dans le film, refusent tout repère religieux ou philosophique, sont de plus en plus démunis. Rabbit Hole est aussi le récit de ce désarroi.

Magali Van Reeth

Signis

Les chrétiens & les musiques actuelles

Pierre BENOIT, professeur de philosophie entre autres au Grand Séminaire Saint-Irénée et diacre du diocèse de Lyon, est l’auteur de

Les Chrétiens et les musiques actuelles

Cet ouvrage fait suite à  un travail commandé par la Conférence des Evêques de France qui a abouti à  un rapport intitulé « Les Musiques actuelles chrétiennes » (Document de l’Episcopat 2010, n°1).

Dans un premier temps il rappelle les expériences menées par des personnalités comme Grignon de Montfort empruntant des musiques populaires pour développer une catéchèse pendant les offices, par le Père Duval composant paroles et musiques pour délivrer son expérience spirituelle dans des concerts ouverts à  tous les publics, etc.

Deux tendances se dessinent : la musique comme support d’un texte et la musique comme expression même d’une émotion.

Il dresse ensuite le tableau des différentes « musiques actuelles » ; ce terme désigne des musiques :

 qui s’approchent davantage de ce qu’on nomme la « variété » (cf. Jean-Jacques Golman, Calogero) que des musiques plus « savantes » (cf. la Passion de Marcel Godard, la Cantate des Vivants de Henri Dumas par exemple),

 qui emploient une instrumentation plus ou moins sophistiquée et importante, composée de guitare acoustique ou électrique, percussion, électronique, etc.

Il distingue quatre types d’usage de ces musiques :

 le concert : un artiste ou un groupe devant un public,

 la « pop louange » : un groupe conduit un public à  la prière avec chants, prises de paroles, silences, échanges verbaux, etc.,

 la para-liturgie : le groupe ou l’artiste anime un « temps fort » spirituel tel que les « Frat » organisées par le Mouvement Eucharistique des Jeunes,

 la liturgie, essentiellement eucharistique, plus rare et difficile en raison des contraintes de cette prière collective.

Il évoque enfin une interprétation théologique de ces expériences musicales et des orientations pastorales possibles.

G.Decourt

Marc JEANNEROD : La Fabrique des idées

Marc Jeannerod est l’un des plus grands physiologistes français, qui a mené ses recherches sur le cerveau et l’esprit à  l’Université Lyon 1, qui a fondé l’Institut des sciences cognitives de Lyon.

Il dialogue avec des philosophes, des psychanalystes et des théologiens comme Alexandre Ganockzy, dont le colloque d’avril 2011 du Réseau Blaise Pascal a donné les premiers éléments.

Dans son dernier ouvrage Marc Jeannerod fait le point sur son parcours et les travaux actuels sur le cerveau :

La Fabrique des idées

autres ouvrages :

 Le Cerveau intime

 Le Cerveau volontaire

 La Nature de l’esprit

 

Chaque itinéraire épouse l’identité de son auteur : le mien est celui d’un jeune médecin tombé sans savoir comment dans la recherche, et qui n’a eu de cesse que de transposer son savoir médical en termes de connaissances scientifiques.

La «fabrique des idées » renvoie à  la fois au processus qui permet l’élaboration d’idées nouvelles, et au lieu où elles apparaissent et s’expriment, le cerveau.

Les neurosciences, et singulièrement les neurosciences cognitives sont le domaine par excellence qui traite de ce phénomène de la naissance, de la vie et de la mort des idées. Les neurosciences cognitives telles que nous les connaissons aujourd’hui sont issues d’une double révolution…

Ouvrage qui permet de :

 mieux voir le travail d’un chercheur, avec ses doutes, ses découvertes, ses hypothèses, leurs discussions…,

 mieux comprendre l’état actuel de la recherche dans le domaine du cerveau (imagerie médicale, neurosciences, psychologie cognitive, intelligence artificielle…).

Plusieurs théologiens, francophones mais surtout anglo-saxons, sont attentifs à  l’avancée de ce type de travaux qui, par certains aspects, touchent à  la définition de l' »humanité » ; ils renouvellent par leurs propositions la théologie de la création.

Un nouveau colloque Chrétiens et pic de pétrole fin 2011

Fin janvier 2009 s ‘est déroulé à  Lyon le colloque intitulé « Quelles ressources spirituelles pour faire face à  l’épuisement des ressources naturelles ? »….Hommes politiques, chercheurs, intellectuels, spécialistes des ressources énergétiques, théologiens – chrétiens, agnostiques ou athées – ont échangé avec le public durant ces deux journées inaugurées par le cardinal Philippe Barbarin. Un livre est né de cet événement. Il est disponible en librairie///

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