LE BLOG CINEMA – Festival Lumière 2014

de Marie-Noëlle Gougeon

Semaine du 15 au 22 octobre

C’est la fête du Cinéma cette semaine à  Lyon avec cette édition 2014 du Festival Lumière. Près de 150 films projetés dans plus de 35 salles lyonnaises sans compter les hommages, les séances spéciales et bien sûr, la remise du Prix Lumière 2014 cette année à  Pedro Almodovar le vendredi 19 octobre.

Alors quelques pépites glanées ici ou là  au gré de nos coups de cœur :

D’abord, honneur au lauréat, Pedro Almodovar, pour deux de ses films :

•« Parle avec elle » (2002) un beau film sur la passion amoureuse, le langage du corps, l’incommunicabilité.

Comoedia – dimanche 10H30.

• «Volver » (2006) ou la vie trépidante d’une famille, d’un village, au travers trois générations de femmes, un trio emmené par la volcanique Pénélope Cruz.

UGC Astoria mer 20H30. Saint-Priest ve 14H30. Pathe Bellecour di 17H15.

Ensuite deux hommages :
Le premier à  l’actrice américaine Faye Dunaway. On choisit deux films qui tracent un portrait au vitriol de l’Amérique des années 70.

• «L’arrangement » d’Elia Kazan (1969) avec Kirk Douglas et sa quête d’un sens à  sa vie malgré sa réussite matérielle. Interprétation magistrale du comédien. Cinéma très moderne.

Institut Lumière ma 16H. Pathe Bellecour sam 16H45.

• «Portrait d’une enfant déchue » de Jerry Schatzberg (1970) ou la descente aux enfers d’un mannequin dans le monde de la pub et de la photo. Faye Dunaway fragile et paumée, déchirante.

Pathe Bellecour me 14H30.

Le second, hommage au Temps de Claude Sautet. Trois films parmi la quinzaine présentée :

• «Mado » (1976) avec Michel Piccoli et Ottavia Piccolo. La rencontre d’un homme au bord de la faillite et de Mado toute jeune prostituée. Un film sombre avec Michel Piccoli en quadra ébranlé

Comoedia lu 10H30. Pathe Bellecour ve 14H15. Cinéma Opéra di 17H30.

• «Une histoire simple » (1978) avec Romy Schneider. Un des derniers films de l’actrice fétiche de Claude Sautet. Un beau portrait de femmes dans leurs vies privées, leurs rapports au monde du travail.

Comoedia je 10H30. Cinéma Opéra ve 14H30. Pathe Bellecour sa 10H30.

• «Un cœur en hiver » ( 1992) pour le trio d’acteurs : André Dussolier, Daniel Auteuil, Emmanuelle Béart.

Caluire je 20H30. Pathé Bellecour sa 14H Pathé Cordeliers di 10H30.

Parmi les splendeurs des Restaurations 2014

• «Andrei Roublev » d’Andrei Tarkovski (1966). Le parcours du moine Andrei Roublev, peintre d’icônes.

Pathe Cordeliers me 20H. Comoedia ve 20H30. CNP sa 17H.

• «Une journée particulière » d’Ettore Scola. (1977). Pendant que Mussolini accueille Hitler à  Rome le 8 mai 1938, une mère de famille rencontre son voisin homosexuel. Bouleversant. Avec S. Loren et M Mastroianni. Le chef d’œuvre d’Ettore Scola.

Comoedia mer 19H45. Villa Lumière je 20H30. Pathé Bellecour ve 22H15. UGC Confluence di 14H30.

Enfin dans la série Grandes Projections

• «2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick. Pour revoir ce poème futuriste, replonger dans ses réflexions métaphysiques et voguer une fois encore dans l’Univers sur les notes du Beau Danube bleu.

Pathe Bellecour je 21H, Sainte-Foy-lès-Lyon ve 20H UGC Cité Internationale di 14H30.

Bonne semaine au Festival Lumière .

LE BLOG CINEMA « Mommy »

de Marie-Noëlle Gougeon

Semaine du 8 au 15 octobre

«Mommy » de Xavier Dolan (2014. 2H15)

Avec Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément.

Scotchée, littéralement scotchée par un tel film. Mommy est le sixième long métrage de Xavier Dolan, jeune cinéaste québécquois de seulement 24 ans. Et on reste sidérée par une telle maîtrise à  la fois au niveau du scénario, de la réalisation, de la direction d’acteurs.
Mommy raconte les rapports on ne peut plus difficiles et violents entre Steve, un ado de 16 ans atteint de troubles du comportement et sa mère Die, « Mommy », veuve et dépassée par ce fils que plus personne ne veut accueillir. Et elle-même, passablement « borderline »
Rentré chez lui après un séjour en centre fermé, il la provoque, lui mène la vie dure mais en même temps lui montre un amour exclusif et passionnel.
Une jeune voisine, devenue quasi aphasique après la mort de son petit garçon va se prendre d’amitié pour lui, essayer de lui donner quelques cours particuliers.
Mais les virées au supermarché virent au pugilat. Criblée de dettes à  cause des accidents provoqués par son fils, Die lâche prise et prend une terrible décision

D’où que l’on prenne ce film, on est obligé de lui accoler des superlatifs tant il bouscule les codes classiques des autres films : la jeunesse de ce réalisateur promis à  une carrière magistrale, l’interprétation éblouissante de ces trois acteurs fétiches (A-O Pilon, A Dorval et S. Clément) les cadrages impeccables qui scrutent les visages, les lieux, les choses. Et le sujet : comment aimer bien sans aimer trop, quand on est une mère face à  un fils difficile.

L’histoire est violente et les empoignades ne manquent pas entre la mère et le fils mais sont toujours suivies de grands moments de tendresse fragiles, fugaces. L’émotion affleure constamment mais une émotion jamais mièvre, toujours juste. Une bande son minutieusement choisie et déchirante parfois accompagne les battements et les emportements du coeur de ces trois personnages.
Le fil est toujours prêt à  se rompre. La vie se joue parfois à  presque rien. Le film montre justement ce moment, l’instant du croisement de nos routes. De quel côté celle de Steve basculera-telle ?

LE BLOG CINEMA – « Hippocrate »

Hippocrate un film de Thomas Lilti (2014) 1H42′.

avec Vincent Lacoste, Jacques Gamblin, Reda Kateb, Marianne Denicourt.

Benjamin effectue son stage d’interne dans un hôpital de la région parisienne, en médecine interne, dans le service que son père dirige. Mais il va très vite déchanter. Non, la présence de son géniteur plutôt taciturne ne facilitera en rien son apprentissage.
Très vite, il se heurte à  la réalité quotidienne des urgences : le malade chronique, SDF, que l’on revoit régulièrement car il ne se soigne plus et qui décèdera provoquant les premières interrogations de Benjamin qui le suivait. Autre cas : une vieille dame, victime d’une chute et qu’on s’acharne à  remettre sur pieds alors que l’on sait qu’elle ne remarchera plus..
Abdel, un médecin algérien FFI (faisant fonction d’interne) a pris Benjamin en amitié et essaie de lui ouvrir les yeux sur certaines absurdités voire certains manques graves de la médecine : pourquoi sonder cette vieille femme, la ranimer puisqu’elle-même a demandé à  ne pas être prolongée si rien ne peut plus être tenté ? Comment accepter de couvrir un autre médecin en sachant qu’il a omis de faire un examen, faute qui s’est avérée dramatique pour le malade ?

On le voit : des sujets graves qui peu à  peu deviennent un cas de conscience pour tout le service. Benjamin va parcourir un vrai chemin initiatique sous l’aile bienveillante d’Abdel. Et ce métier qu’il pensait ne pas pouvoir exercer devant tant de difficultés, il l’adoptera finalement après la confrontation avec la mort, la douleur physique des patients, le chagrin des familles, l’hostilité de la direction.

Tout est criant de vérité dans Hippocrate : depuis la vétusté du service (c’est l’hôpital de Garches qui est filmé) jusqu’aux interrogations de Benjamin en passant par les plaisanteries de carabins, la dureté économique du secteur médical, les controverses éthiques, le sens de l’engagement de la plupart des médecins du service.
Le jeune Vincent Lacoste vu dans Les Beaux gosses montre un visage juvénile qui peu à  peu s’affirme et perd de son égoïsme. Reda Kateb (Abdel) porte le film avec sa droiture et sa révolte.
Marianne Denicourt, l’adjointe du patron, d’abord intransigeante et butée finit par s’ouvrir à  une forme de médecine qui respecte davantage la personne
L’humain est au cœur du métier de médecin, il est parfois oublié : Hippocrate, film grave et juste nous le rappelle avec brio. Il est tout à  l’honneur du jeune réalisateur qui fut lui-même médecin.

de Marie-Noëlle Gougeon

3 Cœurs

Le blog Cinema
de Marie-Noëlle Gougeon

Semaine du 17 au 24 septembre

«3 Cœurs »

de Benoît Jacquot

avec Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni. (2014).

Qu’arriverait-il si un homme tombait amoureux de deux sœurs ? C’est à  cette question que Benoît Jacquot tente de répondre en signant le scénario et la réalisation de «3 Cœurs » : une variation grave et haletante sur le thème du cœur. Des cœurs devrait-on dire : celui qui bat dans notre corps et celui qui palpite au gré des histoires de cœur.

Marc a raté son train dans une ville de province et fait la connaissance de Sylvie, un peu perdue. Ils vont déambuler toute la nuit, se confier à  demi-mot et au petit matin se promettre de se revoir à  Paris. La jeune femme y sera. Lui non, victime d’un malaise cardiaque….
Par le plus grand des hasards, quelques semaines plus tard, Marc va faire la connaissance de Sophie, la sœur de Sylvie. Il ignore leur lien de parenté et la force de l’amour qui les unit. « C’est la personne qui compte le plus au monde pour moi » lui dira Sylvie à  la fin du film en parlant de sa soeur… Sylvie qui, déçue du rendez-vous raté, est partie vivre au Etats-Unis
Marc trouvera dans la maison de leur mère des photos d’elle : il comprend, effondré par la découverte, mais ne dit rien, étouffant ce secret et cet amour qu’il garde au fond de lui… Et lorsque Sylvie revient en France, rien ne peut arrêter la passion de renaître entre eux. jusqu’au dénouement final : une jolie pirouette qui enlève un poids sur le cœur et vient redire que la vie ne tient qu’à  un fil, ou à  quelques secondes.. Au cinéma

Benoît Jacquot aime les acteurs. Il a soigné la distribution de ce film et le trio qu’il a composé fonctionne à  merveille. Sans doute, dans la réalité, (mais est-on dans la réalité ?), il serait bien difficile de vivre une telle situation sur le long terme et Benoît Jacquot aurait pu pousser d’avantage la mise en abîme d’une telle situation. A vrai dire, le propos du cinéaste n’est pas de décrire minutieusement le réel, mais d’observer, de peindre les palpitations du cœur, physiques ou amoureuses, de voir le cœur s’emballer au propre comme au figuré, de nous offrir le jeu abouti de trois acteurs parfaits dans leur rôle amoureux. Benoît Poelvoorde, perdu et éperdu d’amour, Charlotte Gainsbourg que l’on a rarement vu aussi bouleversante en émotion pure et Chiara Mastroianni, forte et sereine à  la fois. Le film devient un écrin pour ces trois comédiens, soutenus par la force et la présence aimante de Catherine Deneuve, qui joue la mère des deux jeunes femmes. Et d’ailleurs, le choix de Catherine Deneuve mère de Chiara Mastroianni dans la vie, ajoute un élément troublant de réalité dans cette histoire de liens du sang
Trois cœurs, un film qui bat très fort et qui saigne aussicomme la vie..

de Marie-Noëlle Gougeon

Avant-première du film Timbuktu

samedi 20 septembre 2014, à  20h30

Avant-première du film Timbuktu, prix du jury œcuménique à  Cannes en 2014, en présence du réalisateur Abderrahmane Sissako, à  l’occasion de l’inauguration de la semaine « Caravanes des cinémas d’Afrique ».
Film africain du mauritanien Abderrahmane Sissako traitant du fanatisme religieux. Il dépeint la terrible réalité sans tomber dans l’excès, en gardant un regard tout en humanité et même parfois teinté d’humour.

Sainte-Foy-lès-Lyon, cinéma Le Mourguet, 15 rue Deshay,

http://lyon.catholique.fr/?Avant-premiere-du-film-Timbuktu

Claudel, un nouveau regard

« Claudel, un nouveau regard »

mardi 23 septembre 2014, à  18h.

Avant-première du film documentaire « Claudel, un nouveau regard », en présence de Renée Nantet, fille de Paul Claudel, de Florence Bonnier, présidente de Heartisticom, auteur, réalisatrice, et du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, président de la Fondation Saint-Irénée.
La projection sera suivie d’un débat avec Fr. Pascal David, op, enseignant au Collège Supérieur, animé par Philippe Lansac, directeur de RCF Lyon Fourvière. Fin prévue à  19h45.

Nombre de places limité. Inscription avant le 15 septembre 2014.

Contact : cf@fondationsaintirenee.org / 04 78 81 48 91

Lyon 2e, cinéma Pathé Bellecour, 79 rue de la République,

http://lyon.catholique.fr/?Claudel-un-nouveau-regard-Lyon

Café-ciné

«Café-ciné » –
à  Saint-Bonaventure

le jeudi 18 septembre de 12h30 à  13h30

Une fois par mois, nous nous retrouvons autour d’un film présent sur les écrans. Chacun va le voir à  la séance de son choix, et nous nous retrouvons pour en parler pendant une heure, autour d’un café que Saint-Bonaventure offre.
Autour du film «Party Girl » (France, 2014, 1h35), film de Marie Amachoukeli, Claire Burger, Samuel Theis.
Sorti en salles depuis le 27 août 2014.

Le blog Cinéma – « Party girl « 

de Marie-Noëlle Gougeon

Nouvelle rentrée, nouvelle plume pour ces chroniques Cinéma.
Je prends le relais de Magali Van Reeth pour un rendez-vous dorénavant hebdomadaire sur le cinéma avec vous, puisque c’est cette périodicité qui rythme les sorties du mercredi.
Ancienne journaliste à  La Vie, et chroniqueuse à  RCF, j’ai depuis toujours été attentive aux langages de l’image, des médias : auprès des jeunes d’abord, dans mon métier de journaliste ensuite.
Je m’inscris tout à  fait dans les objectifs du service Arts, Culture et Foi et je reprends volontiers ses orientations à  mon compte pour m’aider dans mes choix à  propos des films dont je parlerai :
• Ètre attentif et relayer les programmations et initiatives intéressantes des cinémas de la ville et du département (Festivals, Rencontres etc..)
• Qu’est ce que ces films proposés révèlent de l’homme, de ses attentes, de ses désirs, de ses cris ?
• Comment y est exprimée la dimension spirituelle de l’homme ?
• Comment ces œuvres cinématographiques peuvent-elles être des sources de questionnements, de dialogue, de rencontre ?

Vous l’aurez compris, il y aura des coups de cœur, des bravos, mais aussi des coups de griffe ou plus ! Mais toujours dans un esprit d’ouverture, de partage avec des points de vues différents, de découverte de l’autre, voire du Tout Autre.
Et pour visualiser ces choix, et reprendre les pratiques des pages cinéma des journaux, j’utiliserai un pétale du logo du diocèse, puisque nous nous y inscrivons pleinement.
Ainsi, le film choisi se verra attribuer 1,2 ou 3 pétales selon le degré d’appréciation :

un peu beaucoup très beau film pas du tout x

Et le premier film dont j’aimerais vous parler est celui d’un beau portrait de femme, de mère
«Party girl » de Marie Amachoukeli, Claire Burger, Simon Theis.